Interviews, Livres & Témoignages...
-"La vie amoureuse de ma mère
est une infime partie de ce qu'elle
est,
et ça n'a pas influencé
l'éducation ni l'amour qu'elle m'a
donné"
Ludovic 18 ans /Journal 20 '
Photo Karine
& Elodie
« Il s’agit là d’une belle victoire
contre l’homophobie, alors que les
propos et les comportements
homophobes demeurent vivaces dans
notre société », a réagi Me Caroline
Mécary, avocate d’Emmanuelle B.
Source republicainlorrain.fr
11/11/2009
Après dix ans de procédures
judiciaires, une institutrice
homosexuelle qui se battait pour
obtenir l’agrément de son conseil
général pour pouvoir adopter un
enfant a obtenu gain de cause hier
devant le tribunal administratif.
Le tribunal administratif de
Besançon a ordonné hier au conseil
général du Jura de délivrer « dans
un délai de 15 jours » un agrément
d’adoption à Emmanuelle B., une
enseignante homosexuelle, une
injonction à laquelle le conseil
général a accepté de se plier, après
10 ans de lutte.
«
C’est génial, on nage dans le
bonheur », s’est exclamée
l’institutrice, encore « sous le
coup »
de ces deux annonces. « La
justice a été juste, elle a étudié
notre dossier et non pas le débat »,
a dit Laurence R., la compagne
d’Emmanuelle, elle aussi très émue.
« C’est vraiment une très grande
joie. Je suis heureuse car tous les
arguments que le conseil général
avait avancés, c’était du pipeau !
», a-t-elle ajouté. Le tribunal a
suivi fidèlement l’avis du
rapporteur public qui lui avait
demandé lors de l’audience du 13
octobre d’annuler la décision du
conseil général et de lui enjoindre
d’accorder son agrément dans les 15
jours, « sous astreinte de 100 euros
par jour de retard ». Les juges
administratifs ont estimé que les
motifs retenus par le président du
conseil général du Jura ne
permettaient pas de « justifier
légalement la décision de rejet de
la demande d’agrément pour
l’adoption présentée par Mme B. ». Depuis 1989, Emmanuelle, 48 ans,
a bataillé jusque devant la cour
européenne des droits de l’Homme
pour obtenir le droit d’adopter un
enfant, se heurtant au refus obstiné
du conseil général. Les juges
européens lui ont donné raison en
condamnant la France pour
discrimination sexuelle en janvier
2008. Emmanuelle B. réitérait
alors sa demande d’adoption et se
heurtait de manière incompréhensible
au printemps 2008 à un nouveau
refus. Le conseil général invoquait
« des différences notables (au sein
du couple) dans le projet
d’adoption, notamment au niveau de
l’âge de l’enfant » à adopter. Dans
sa décision, le tribunal
administratif a balayé ces
motivations, estimant que « les
conditions d’accueil offertes par la
requérante sur le plan familial,
éducatif et psychologique
correspondent aux besoins et à
l’intérêt d’un enfant adopté ». Les
juges administratifs s’appuient
notamment sur les rapports des
travailleurs sociaux « favorables à
la demande d’agrément pour adoption
» et soulignent que le couple formé
par Mme B. et sa compagne « présente
une solidité certaine ». La Haute
autorité de lutte contre les
discriminations (Halde) a également
rendu le 5 octobre un avis estimant
« discriminatoire » le refus de la
collectivité territoriale du Jura.
La décision du tribunal
administratif a été saluée comme une
« grande victoire » par le
député-maire Vert Noël Mamère, qui
avait en 2004
symboliquement célébré un mariage
entre deux hommes dans sa mairie de
Bègles.
Les associations de lutte contre
l’homophobie, comme SOS homophobie
et l’interassociative lesbienne,
gaie, bi et trans Inter-LGBT, ont
demandé que le gouvernement ou le
Parlement valident par la loi le
droit d’adopter pour les couples
homosexuels. Le porte-parole du
gouvernement Luc Chatel a répété que
l’exécutif n’était « pas favorable »
à une telle mesure. « Dès qu’il y a
un enfant, il faut un papa et une
mam a n », a pour sa part déclaré le
député UMP Eric Raoult. Et Christian
Vanneste (UMP) a condamné « la
malheureuse décision » du tribunal
qui « fait l’objet de l’habituel
rouleau compresseur médiatique du
groupe de pression homosexuel ».
Source
:www.republicain-lorrain.fr/fr/permalien/article/2179488/Adoption-homosexuelle-la-jurisprudence-Besancon.html
Les homos
autorisés à adopter
...voir notre
Emmanuelle B. et sa
compagne Laurence R.
vont finalement
pouvoir adopter.
Après une longue
bataille, le
tribunal
administratif de
Besançon leur a
donné gain de cause
mardi en se
prononçant en faveur
de l'agrément
d'adoption.
C'est une première
en France. Dix ans
après l'entrée en
vigueur du Pacs, le
tribunal
administratif de
Besançon (Doubs) a
autorisé mardi matin
l'adoption d'un
enfant par un couple
d'homosexuelles,
revenant ainsi sur
les décisions prises
par le Conseil
général du Jura qui
s'était prononcé
contre cette
demande.
Le
parcours
d'Emmanuelle B., qui
se bat depuis des
années pour obtenir
un agrément lui
permettant
d'adopter, touche à
sa fin. Une fin
heureuse qui
pourrait désormais
faire office de
jurisprudence. "Il
s'agit là d'une
belle victoire
contre l'homophobie,
alors que les propos
et les comportements
homophobes demeurent
vivaces dans notre
société", a estimé
l'avocate de la
requérante,
Me
Caroline Mécary
(photo) Après deux refus par
le Conseil général,
le rapporteur public
avait lors de
l'audience du 13
octobre dernier
demandé au tribunal
administratif
d'annuler cette
décision et
d'octroyer à cette
enseignante un
agrément d'adoption
sous 15 jours à
compter de la
notification du
jugement avec une
astreinte de 100
euros par jour de
retard et le
remboursement de 2
000 euros pour les
frais d'avocat. Une
décision qui avait
été mise en
délibéré. Alors que
l'avocate d'Emmanuel
B., Me Caroline Mécary, dénonçait un
véritable
"acharnement"
jugeant que l'on
"n'a pas le droit de
refuser un agrément
pour une adoption à
une personne à cause
de sa sexualité", la
raison évoquée par
le Conseil général
du Jura était toute
autre, mettant en
avant des
"différences
notables (au sein du
couple) dans le
projet d'adoption,
notamment au niveau
de l'âge de
l'enfant". Depuis
plus de 20 ans,
Emmanuelle B., âgée
de 48 ans, vit en
couple avec Laurence
R., une psychologue
scolaire de 45 ans.
(...)"
Un
premier pas vers le mariage?
Le tribunal est donc revenu sur la décision
du département qui s'était opposé à cette
adoption, et ce, malgré un arrêt de la Cour
européenne des droits de l'Homme. Car ce
"combat" avait fait grand bruit au-delà des
frontières hexagonales. Le 22 janvier 2008,
la Cour européenne avait condamné la France
pour discrimination sexuelle, arguant que le
droit français permettait, par ailleurs,
l'adoption par une personne célibataire. Et
que la Convention européenne des droits de
l'Homme interdisait toute discrimination sur
la base de l'orientation sexuelle des
individus. L'enseignante Emmanuelle B. avait
alors décidé de déposer une nouvelle demande
d'adoption qui, après maints déboires
juridiques, a finalement été entendue.(...)
Parallèlement à cet agrément d'adoption,
perçu comme une réelle avancée dans le droit
des homosexuels, la maire socialiste de
Montpellier, Hélène Mandroux (photo),
s'est prononcée, mardi dans le Midi-Libre,
en faveur de l'ouverture du mariage aux
couples homosexuels. Selon le quotidien,
plusieurs maires d'autres grandes villes
françaises devraient suivre cette initiative
au nom de "l'égalité des droits et de
l'universalité".
Article
complet
:www.lejdd.fr/Societe/Actualite/Les-homos-autorises-a-adopter-149329/
"Une
grande victoire", selon Noël Mamère
Source Public Sénat/lepost.fr -
10/11/2009
Noël Mamère (photo), député-maire
Vert de Bègles se réjouit que la justice
autorise un couple d'homosexuelles à
adopter. Le tribunal administratif de
Besançon vient de donner son feu vert à
l’adoption d’un enfant par un couple
homosexuel, deux femmes, annulant la
décision du conseil général du Jura qui
refusait de donner son agrément. Réaction du
député-maire Vert Noël Mamère, qui avait en
2004 symboliquement célébré un mariage entre
deux hommes dans sa mairie de Bègles, en
Gironde.Cette décision du tribunal
administratif de Besançon fera-t-elle date ?
"C’est une grande victoire. C’est le rêve
que le droit est en train de rejoindre la
société. Le combat mené par des avocats et
un certain nombre d’entre nous est
maintenant une réalité reconnue par le
droit. C’est un pas très important qui vient
d’être franchi. Nous espérons surtout que ce
symbole deviendra réalité pour les couples
homosexuels qui demandent la reconnaissance
de leur droit de parent." Les Français sont-ils prêts pour
l’adoption par les couples homosexuels ?
"Oui, bien sûr. Les Français sont bien plus
en avance que les politiques sur ces
questions de société. Il serait temps que
les politiques sortent de leur frilosité et
de ces représentations stupide de la
famille." (...)
Suite article complet :www.lepost.fr/article/2009/11/10/1783773_un-couple-homo-autorise-a-adopter-une-grande-victoire-selon-noel-mamere.html
Wanda veut des
droits pour «sécuriser» ses enfants
Source JOURNAL 20' -04/03/2009
«On
élève nos enfants comme tout le
monde.» Wanda, 42 ans, en couple
avec son amie depuis une vingtaine
d'années, élève deux jeunes enfants
en région parisienne. L'aîné a 5
ans, son amie l'a eu avec elle via
une insémination artificielle en
Belgique. La petite dernière a 3
ans, elle lui a elle-même donné
naissance par le même biais. «Dans
notre vie de tous les jours, on est
considérés comme une vraie famille
par nos parents, les maîtresses
d'école, les assistantes
maternelles, les parents des petits
copains.» Mais pas par l'Etat, qui
ne leur reconnaît aucune existence
juridique.Chacun des enfants porte
le nom de sa mère biologique sur sa
carte d'identité, même si, à
l'école, ils ont collé leurs deux
noms. Wanda égrène les «contraintes»
qui «fragilisent», dit-elle, ses
enfants. «Je ne peux pas sortir du
territoire avec mon fils pour me
rendre dans certains pays sans
autorisation parentale. Idem pour
l'hôpital: j'ai besoin d'un mot de
sa mère pour aller le récupérer.»
Surtout, «en cas de problème,
séparation ou décès, on n'a aucune
assurance que nos enfants soient
élevés en fratrie, ou que la garde
soit partagée. Et si mon amie
meurt, ou ses parents, ma fille sera
considérée comme un tiers à qui ils
légueraient leurs biens.» Si elle
juge le projet de loi «très en deçà»
de ce dont elles auraient besoin
pour «sécuriser» leurs enfants,
Wanda y voit tout de même la fin
d'un déni de la réalité. «Nos
enfants existent. L'Etat doit s'en
occuper, au même titre que les
autres.» Voir le sujet en débat "
voir>>>Le
statut de "BEAU-PARENT
Les
cinq leçons
de parenté de Maurice Godelier
"Dans « Métamorphoses
de la parenté », (familles
recomposées, familles
homosexuelles... ) Maurice Godelier
revisite en six cents pages
l'essentiel des théories de
filiation et d'alliance.
D'où il
ressort que, pour l'essentiel, la
famille est beaucoup moins liée aux
besoins de la reproduction qu'aux
idées politiques et religieuses des
sociétés humaines. Familles
recomposées ou monoparentales,
reproduction médicalisée, couples
homosexuels : tout cela
signifie-t-il que les rapports de
couple, de parents à enfants, de
famille soient aujourd'hui, dans les
sociétés modernes et libérales, au
bord de la décomposition ? Ou
sont-ils à la veille de leur
remplacement par d'autres,
entièrement inédits et soupçonnés
d'artificialité ?
Dans un ouvrage récent,
Métamorphoses de la parenté (Fayard,
2004), Maurice Godelier,
anthropologue, spécialiste des
Baruyas de Nouvelle-Guinée,
entreprend de fonder une réponse à
cette question en reprenant à peu
près tout ce que l'étude comparée
des sociétés - pas seulement la
nôtre - peut nous apprendre sur les
fondements mêmes des rapports
familiaux. Il inscrit les
transformations des sociétés
modernes dans une histoire longue,
et revient sur les théories qui - en
anthropologie - font coïncider
l'origine des sociétés humaines avec
l'invention de la parenté. Problèmes
classiques, que l'on n'ose plus si
souvent aborder, tant ils supposent
de retours sur l'histoire de
l'anthropologie.... "
contact
e-mail:
Maurice.Godelier@ehess.fr
Source Article "Où va la famille ?"www.scienceshumaines.com/index.php?lg=fr&id_article=4576
Conférence à écouter
www.lemonde.fr/savoirs-et-connaissances/article/2004/12/10/maurice-godelier-parente-familles-interdits-sexuels_390348_3328.html
Maurice Godelier est
anthropologue (EHESS)
Parcours : Ecole normale
supérieure de Saint-Cloudn
Agrégé de philosophie, Chef de
travaux à l'EHESS auprès de
Fernand Braudel puis
maître-assistant de Claude
Levi-Strauss, 1975 : nommé
directeur d'études de l'EHESS,
De 1982 à 1986 : directeur
scientifique au CNRS,
responsable du département des
sciences de l'homme et de la
société - Spécialités
:Anthropologue de réputation
internationale, Maurice Godelier
est un spécialiste des sociétés
d'Océanie. Outre ses recherches
sur l'Océanie, illustrées par de
nombreuses publications et la
production de films, Maurice
Godelier a exploré plusieurs
domaines essentiels, la part
idéelle des rapports sociaux, la
distinction entre l'imaginaire
et le symbolique et récemment la
distinction entre choses que
l'on donne, choses que l'on
vend, choses que l'on ne peut ni
vendre ni donner. Ses dernières
recherches ont porté sur
l'inceste et les systèmes de
parenté et l'ont conduit à
remettre en question de
nombreuses certitudes
anthropologiques et sociales.
(...) Suite "Université de tous les
savoirs" Maurice Godelier :
Parenté, familles, interdits
sexuels - LEMONDE.FR10.12.2004
Bibliographie : "Pouvoir
et domination masculine" chez
les Baruya de Nouvelle-Guinée,
éditions Fayard (1982). Prix de
l'Académie française. - L'Idéel
et le matériel, éditions Fayard
(1984) - L'Enigme du don,
éditions Fayard (1996)
La Production du corps.
Approches anthropologiques et
historiques et le corps humain,
supplicié, possédé, cannibalisé.
Textes rassemblés et édités par
Maurice Godelier et Michel
Panoff, Amsterdam, Archives
contemporaines (1998)
"Métamorphoses de la parenté"
(Fayard, 2004),épuisé (ré-édition...
)
voir
également
Au Bonheur des Psy
!
................................................................................................................................................................................................
retour
France : 0
Espagne - Le don d'ovules entre
lesbiennes mariées est autorisé
source
tetu.com 17 décembre 2008 La Commission de reproduction humaine
assistée a autorisé le don d'ovules
entre femmes lesbiennes mariées.
Désormais, en Espagne, une femme pourra
faire ce don à sa compagne. L'une
deviendra la mère génétique de l'enfant
et l'autre la génétrice.
"En principe, aucune clinique de
reproduction ne pourra refuser ce droit
aux femmes homosexuelles mariées. Les
associations, comme la Fédération
nationale des lesbiennes, gays et
transsexuels, la FELGT, se félicitent de
ces dispositions mais constatent les
discriminations dont sont encore
victimes les couples de lesbiennes.
Ainsi, l'insémination artificielle leur
est toujours refusée lorsque ces femmes
se déclarent comme couple homosexuel.
C'est sans compter aussi avec
l'arbitraire des tribunaux au moment
d'inscrire leur enfant sur les registres
civils comme fruit d'un mariage
homosexuel." -Photo
du web :))
ASSEZ d'une citoyenneté au
rabais, d'une démocratie de tribunaux!!!
Refus de délégation d'autorité: le témoignage
des deux mères
Source tetu.com /Interview Taina Tervonen
-15/12/2008
- «Nous sommes parents de deux enfants»,
expliquent les deux lesbiennes installées à
Tourcoing (Nord), mères chacune d'un enfant, à
qui la cour d'appel de Douai a refusé deux
délégations d'autorité parentale croisées .
Dans son arrêt rendu le 11 décembre 2008, la
cour d'appel de Douai a infirmé le jugement du
TGI de Lille accordant une délégation d'autorité
parentale «croisée» à Hélène, 39 ans, et Cécile,
40 ans, chacune parent légal d'un enfant,
respectivement âgés de 10 et 5 ans. En demandant
la délégation de l'autorité parentale, elles
souhaitaient avant tout protéger leurs enfants.
Retour sur deux ans de procédure.
Qu'est-ce que la décision favorable du TGI, en
décembre 2007, avait changé dans votre vie?
Des choses très concrètes: nous avons pu
officiellement signer ensemble les papiers de
nos deux enfants, les inscrire à des activités
indifféremment l'une ou l'autre, voter et être
élues aux élections de parents d'élèves, chacune
pour l'enfant qui n'est pas légalement le sien.
Au-delà du quotidien, nous savions que nos
enfants étaient protégés en cas d'accident, et
qu'en cas d'urgence, nous pouvions l'une et
l'autre intervenir. Pourquoi cet acharnement du Parquet, selon
vous?
Lors de la première audience, le représentant du
parquet nous a fait comprendre que la délégation
n'était pas contraire à l'intérêt des enfants
mais que notre couple posait problème –même si
cet avis n'est bien sûr noté par écrit nulle
part. Le rapport de l'enquête de police,
ordonnée par le parquet, était d'ailleurs
favorable à la délégation. Nous avions été
convoquées toutes les deux, de même que la
directrice de l'école de notre aînée et la
nourrice du cadet. Suite à la médiatisation de
la décision du TGI –qui n'était pas de notre
fait–, le procureur a déclaré à la presse qu'il
n'était du ressort d'un juge de décider ce
qu'était une famille. Est-ce cette impression de
créer une fratrie là où il n'y a, pour la loi,
que deux mères célibataires, qui pose problème,
même si l'autorité parentale n'établit pas de
lien de filiation? Comment avez-vous évoqué cette procédure avec
vos enfants?
Nous n'en avons pas parlé dans les détails, pour
les protéger. Nous ne voulons pas qu'ils sentent
leur famille jugée, qu'ils se sentent victimes
d'injustice. Ils vivent une vie normale, ils
sont élevés comme frère et sœur. Nous nous
considérons toutes les deux parents de deux
enfants."
Floride: un homosexuel autorisé à adopter deux enfants Source tetu.com 26/11/2008
Une juge de Miami a estimé mardi qu'un homosexuel avait le droit d'adopter deux enfants dont son conjoint et lui avaient la garde depuis quatre ans, selon la presse locale, une décision qui défie la législation de Floride (sud-est) en la matière. La juge Cindy Lederman du comté de Miami Dade a considéré qu'"il n'y avait pas de bases rationnelles pour empêcher les homosexuels d'adopter" et elle a rejeté comme anticonstitutionnelle une loi locale de 1977 qui l'interdisait, a indiqué le Sun Sentinel dans son édition en ligne.Frank Martin Gill, 47 ans, avec son compagnon, dont l'identité n'est pas révélée, avaient la garde provisoire de deux frères de 4 et 8 ans depuis 2004 et avaient décidé de demander leur adoption. «C'est une famille, dans tous les sens du terme, sauf aux yeux de la loi. Ces enfants ont droit à la stabilité», a dit la juge, citée par le journal.Les représentants de l'Etat ont indiqué qu'ils feraient appel de la décision devant une Cour d'appel ou la Cour suprême de Floride afin qu'elles tranchent sur la loi de 1977, qui, si elle était confirmée anticonstitutionnelle, pourrait ouvrir la voie de l'adoption à d'autres couples homosexuels.Le mariage homosexuel est également interdit en Floride.
Bachelot*
et
Bertrand
refusent
le
congé de
"paternité"
à Élodie
et
Karine
Source
e-llico.com
22/05/2008
Élodie
et
Karine,
le
couple
lesbien
parent
de deux
enfants
qui
lutte
pour se
voir
accorder
un
"congé
paternité",
a reçu
la
réponse
-
négative
- de
Xavier
Bertrand
et
Roselyne
Bachelot
à sa
revendication
soutenue
par la
Halde.
Élodie
s'étant
vu
refuser
le droit
à un
congé
paternité
par le
Tribunal
des
affaires
de
sécurité
sociale
en mars
2006,
elle
avait
saisi la
Halde
qui
avait
émis un
avis
favorable
à sa
demande
et une
recommandation
au
gouvernement
de lui
accorder
le congé
de
"parentalité"
qu'elle
réclamait.
Ce
dernier
a
répondu
à
l'institution
en
décembre
2007 par
un
courrier
cosigné
par
Xavier
Bertrand
et
Roselyne
Bachelot,
respectivement
ministres
des
Affaires
sociales
et de la
Santé,
dont le
couple
vient
seulement
d'avoir
connaissance.
Les deux
ministres
se
rangent
du côté
de la
décision
du
Tribunal
des
affaires
de
sécurité
sociale
qui
refuse
le congé
paternité.
Ils
mettent
en avant
le "
risque
de
soulever
des
questions
liées à
(l')articulation
(de
cette
mesure,
ndlr)
avec les
droits
du
parent
biologique
" et
renvoient
" à la
réflexion
que le
gouvernement
mène sur
la
définition
du
statut
du '
beau-parent
", sur
la
concrétisation
duquel
le
Président
de la
République
s'est
engagé
".
Karine & Elodie ne désarment pas
!
Source Ouest-France- 05/12/2007 Le couple
était en appel ce mercredi à
Rennes Les 2 jeunes femmes
réclament toujours l'obtention d'un congé
paternité pour la naissance des enfants
portés par chacune d'entre elles. Un droit
que ne leur reconnaît pas la loi.
La
Caisse d'Allocations Familiales
de Nantes a bien voulu
reconnaître leur situation
familiale mais pas la CPAM.
Cette
dernière lui refuse les 11 jours
de congés paternité.Déboutées en 1ère instance,
Karine et Elodie sont en appel
aujourd'hui à Rennes. Peu
d'espoir pour elles d'obtenir
gain de cause : mais pour faire
reconnaître les droits des
familles homoparentales, elles
pourraient aller jusqu'à la Cour
européenne des droits de
l'homme. Pour le moment, le couple attend
le délibéré. Il devrait être
connu le 30 janvier.
http://ouest.france3.fr/info/pays-de-la-loire/37135578-fr.php articles sur tetu.com :
(06/06/2006) Nantes: Élodie
et Karine interpellent la Halde
Une
famille comme les autres témoignages d'une
famille homoparentale
(...) "La vie au foyer avec
«le copain de ma mère»
ou «la femme de mon
père» est une réalité
pour 1,6 million
d’enfants en France.
Pour ces beaux-parents,
le gouvernement souhaite
créer un «statut» légal
qui n’exclurait pas les
couples homoparentaux.
C’est la «belle-doche»
ou le «beau-père»,
parfois on entend plutôt
«le copain de ma mère»
ou «la femme de mon
père». On parle aussi de
«parent social» ou de
«parent d’addition».
Bref, on ne sait pas
quelle appellation
donner au beau-parent.(...)
Source Reuters et
LIBERATION QUOTIDIEN
25/26.12.2007
Jusqu'à
QUAND ?
Jusqu'à quand la
démocratie des
tribunaux ???
Deux mères
françaises, unies
aux Québec, se voit
refuser la
naturalisation de
leur fils par la
France
Le petit garçon de
deux mères
françaises établies
et unies au Québec,
ne parvient pas à
obtenir la
nationalité
française. Le
consulat lui refuse
du fait de son acte
de naissance
considéré comme
"contraire à l'ordre
public français".
Toutes deux
françaises, Mathilde
et Séverine forment
une union civile au
regard de la loi
québécoise depuis
2005. Elle sont les
mères d'un petit
Lucien né d'une
procréation
"amicalement
assistée", comme la
nomme le code civil
québécois. Ce qui
signifie en clair
qu'un des deux
parents est la mère
biologique de
l'enfant.
Pourtant, malgré
cette situation
plutôt bien cadrée
du point de vue
légal, leur fils ne
parvient pas à
obtenir la
nationalité
française. L'affaire
a été révélée
vendredi par le site
Rue89.
En septembre
dernier, par
précaution, les deux
mères établissent
leur testament et
entreprennent à cet
effet de faire
naturaliser leur
fils auprès du
consulat général de
France à Montréal.
Une simple
formalité,
pensent-elles, dans
la mesure où elles
acceptent d'inscrire
Lucien uniquement
sous le nom de sa
mère biologique.
Mais tout se
complique; le
consulat général de
France à Montréal
refuse de transcrire
l'acte de naissance
de l'enfant
prétextant que "les
énonciations
figurant dans son
acte québécois sont
contraires à l'ordre
public français
(...)
Source : e-llico.com
, suite LOS :www.los.ch/artikel/artikel.php?ID=1168&rubrik=159
.......................................................................................................................................................................................
retour
Les gays se cachent pour
adopter...
Article publié le 03 Février
2007 - Par Anne Chemin -
Source : LE MONDE
Extrait : "ELLES
sont allées chercher Pauline
au Vietnam ensemble, elles
se sont levées toutes les
deux la nuit pour les
biberons et pour la fièvre,
mais aux yeux de la loi,
seule l'une d'elles est
considérée comme la mère de
l'enfant. « Lorsque j'ai
demandé un agrément pour
l'adoption, je ne leur ai
pas dit que j'étais
homosexuelle pour éviter un
refus, raconte Sophie. Je me
suis présentée comme
célibataire et ils m'ont
délivré l'agrément. Mais, du
coup, l'adoption est
uniquement à mon nom. »
Depuis 2005, Sophie et sa
compagne, Véronique, élèvent
ensemble une petite fille
d'origine vietnamienne qui
aura bientôt deux ans. "
PORTRAIT AVEC ENFANT D'UNE
FAMILLE HOMOPARENTALEPascale
Krémer - Le Monde du 050202 Agnès, la mère, est
lesbienne ; Thierry, le père,
est homosexuel. Ensemble, ils
ont fondé une famille en
coparentalité autour de leur
petite fille, Aurian...
Suite :
http://eklektik2.free.fr/coparent.htm
Nous,enfants d’homos
de
Stéphanie Kaim Editions
de La Martinière
Homoparentalité, une
génération témoigne.3,90
€ - 170 pages - Nov. 2006
En France, élever des enfants
lorsque l’on est homosexuel
demeure un tabou. Pourtant, la
réalité devance les mentalités :
ainsi, de nombreux couples
d’hommes ou de femmes recourent
à des méthodes alternatives pour
accueillir des enfants au sein
de leurs foyers. Relevant
parfois du « bricolage », leurs
pratiques, et les efforts
qu’elles nécessitent pour leur
permettre de devenir parents,
témoignent d’une motivation qui
ne demande qu’à être légitimée.
Convaincue que des témoignages
contribueront à nourrir et à
orienter ce débat, Stéphanie
Kaim s’est tout d’abord rendue
en Californie - berceau de
l’homoparentalité dans le monde,
où deux générations de personnes
élevées par des parents
homosexuels ont grandi* - et ce,
afin de confronter les mœurs
américaines et françaises ; en
France, elle a ainsi mené
l’enquête auprès de nombreuses
familles homoparentales issues
de générations et de milieux
variés. A partir de ces
entretiens, elle restitue le
quotidien et les difficultés,
(les
joies aussi) rencontrées par ces
familles complexes et attachantes.
Sans fausse pudeur, les individus
interviewés répondent à des
questions cruciales : se sent-on
vraiment un enfant ou un adolescent
comme les autres quand on est élevé
par des parents homosexuels ? Quelle
est alors notre sexualité ? Quelle
perception du genre développe t-on ?
Enfin, quel regard porte la
communauté gay sur ces enfants dont
certains, ayant choisi
l’hétérosexualité à l’âge adulte,
éprouvent alors la nostalgie d’une
certaine « culture gay » ?
* Aux Etats-Unis, la visibilité des
ces familles s’est tant accrue que
l’on a fini par lui donner le nom de
gayby boom. Stéphanie
Kaim,
diplômée de Sciences
Po,détentrice d’une maîtrise
de philosophie et d’un DESS de
communication audiovisuelle,
est
journaliste. Elle a ainsi réalisé de
nombreux documentaires pour la
télévision (Arte, France 5, Canal
Plus…) portant sur des sujets tels
que l’homoparentalité – documentaire
à l’origine de cet ouvrage – mais
aussi sur les adolescents à l’ère de
l’Internet et du virtuel, sur le
nouveau départ dans la vie à l'âge
de la retraite, etc. Thèmes qu’elle
a traités avec tact et sensibilité.
Editions
de La Martinière - 5, rue Jacques
Callot - 75006 Paris -
courriel :
cmatera@lamartiniere.fr
Grandir dans une famille
homoparentale
Source
: Le Soleil CyberPresse
(canada) par Caroline
Beauchamp02/12/2006
"Vous
êtes de ceux qui croient
qu’un enfant doit
nécessairement avoir un père
et une mère pour s’épanouir
et grandir sainement ? Que
l’infécondité naturelle
d’une union entre personnes
de même sexe permet de
conclure que « ce n’est pas
naturel », et donc, pas
souhaitable ? Anne-Marie
Ambert, sociologue de la
famille à l’Université de
York, a entendu ces
arguments nombre de fois.
-« Les gens pensent que la
famille traditionnelle, qui
présente le modèle féminin
et le modèle masculin, est
la recette idéale,
souhaitable au développement
harmonieux de l’enfant,
notamment au plan de son
identité sexuelle »,
explique-t-elle. Or, il
semble bien que cette
croyance gagnerait à être
actualisée. « Un enfant ne
doit pas nécessairement
avoir un père et une mère,
c’est une conclusion
prématurée, affirme-t-elle
sans ambages. Ce que les
recherches montrent, c’est
qu’il est préférable pour un
enfant d’avoir deux parents,
peu importe leur sexe. »
Même son de cloche chez Line
Chamberland, sociologue à l’UQAM.
« Le fait d’être homosexuel
n’a pas d’incidence sur la
qualité de parent, ça n’a
rien à voir », dit-elle.
À leur avis, le défi des
enfants élevés par des
parents de même sexe se
situerait plutôt sur le plan
des préjugés sociaux.
L’enfer, c’est les autres ?
Pas nécessairement, si l’on
en croit l’expérience d’une
famille de Québec."
Marie-Claude Carrière et sa
petite famille. Pour les
experts, le fait d’être
homosexuel n’a pas
d’incidence sur la qualité
de parent. « Un enfant ne
doit pas nécessairement
avoir un père et une mère,
c’est une conclusion
prématurée,
affirme la sociologue
Anne-Marie Ambert.
Ce que les recherches
montrent, c’est qu’il est
préférable pour un enfant
d’avoir deux parents, peu
importe leur sexe. »
On compte déjà
100
000 familles homoparentales
Les couples homosexuels n’ont pas attendu des autorisations
en bonne et due
forme pour avoir des enfants. Aujourd’hui, ils demandent que le
droit reconnaisse
les faits
«L’avantage avec les couples homos, c’est que quand ils ont des
enfants on est sûr qu’ils les ont voulus.» Voilà au moins un
argument que personne ne contestera à Eric Garnier,
président de l’Association des Parents et Futurs Parents gays et
lesbiens (APGL). Et ils sont de plus en plus nombreux à affirmer
en vouloir.
On estime qu’il existe déjà plus de 100000
familles homoparentales et 200 000 à 400 000 enfants, ayant au
moins un parent homosexuel, dont un grand nombre sont nés dans
un «contexte» hétérosexuel d’une précédente union. Aux
Etats-Unis, avec 6 à 14 millions d’enfants de parents gays ou
lesbiens, on parle de gayby- boom!
«Ce qui a surpris et
provoque peut-être tant d’effroi chez certains, c’est qu’on ne
s’attendait pas à ce que les homosexuels aient un tel désir de
famille, remarque la psychanalyste Elisabeth Roudinesco
(voir plus bas
interview). Cette
revendication du droit à la parenté s’ inscrit pourtant dans la
marche de l’histoire. Avec la dépénalisation de l’
homosexualité, puis sa banalisation, il était normal que ce qui
avait été refoulé pendant des siècles, le désir de procréation
des homosexuels, s’exprime enfin.» L ’APGL, créée en 1986 (1),
est ainsi passée de 70 membres en 1995 à 3000 en 2004!
De ces désirs sont nées des familles à configurations multiples.
Il y a d’abord celles où les enfants sont adoptés. Interdite aux
couples de même sexe, l’adoption est admise depuis 1966 pour les
célibataires de plus de 28 ans. Dans la pratique, tout dépend en
fait de la sévérité des organismes qui traitent les demandes
d’agrément. A Paris, l’homosexualité n’est plus considérée comme
un facteur discriminant, mais dans les Yvelines ou les
Hauts-de-Seine la jurisprudence montre qu’il vaut mieux cacher
sa sexualité. «Ce système implique une hypocrisie totale, relève
l’avocate Caroline Mécary. Les magistrats refusent des requêtes
sous prétexte que la figure paternelle ou maternelle est
absente, alors que l’article 344-1 n’évoque pas cette
condition.» Toujours est-il que l’adoption demeure une démarche
longue et complexe, même après l’obtention du fameux sésame. Sur
Paris, on compte 600 demandes par an pour seulement 50 pupilles
de l’Etat. Et les pays étrangers, souvent très hostiles à
l’adoption par des homosexuels, restent suspicieux à l’égard des
célibataires!
L’autre solution, c’est le recours à un tiers, interdit en
France. Les couples lesbiens
se tournent vers la Belgique (les «bébés Thalys»), les Pays-Bas
ou la Finlande où, contrairement à la France, l’insémination
artificielle n’est pas réservée aux seuls couples stériles ou
porteurs de maladie (lois de bioéthique de 1994). Les hommes
choisissent les Etats-Unis, où il est possible de passer contrat
avec des mères porteuses. Ils sont cependant très peu nombreux à
faire cette démarche coûteuse et risquée.
Dans tous ces cas de figure, les enfants n’ont toujours, au
final, qu’un seul parent légitime: la mère ou le père biologique
ou adoptif. Leurs compagnons, n’ayant aucun lien de filiation
avec l’enfant, se retrouvent sans statut. Pourtant la justice
a déjà fait une exception: le 27 juin 2001, le Tribunal de
Grande Instance de Paris reconnaissait à Carla Boni le droit
d’adopter les trois filles de Marie-Laure Picard, sa compagne
depuis vingt-cinq ans. Mais pour être conforme à la loi la
mère
biologique a été obligée de céder son autorité parentale à la
mère adoptive! Sa demande d’autorité conjointe, permise par les
dispositions du 4 mars 2002 sur la délégation parentale, lui a
été en effet refusée au titre qu’elle «détournait l’esprit des
lois». Devant tant d’obstacles, les homos sont de plus en plus
nombreux à opter pour la «coparentalité». Explication: une femme
– ou un couple lesbien – décide de mener à bien avec un gay – ou
un couple gay – un projet commun d’enfant. La loi leur
interdisant le recours à la médecine, ils se contentent
généralement de ce qu’on appelle l’«insémination artisanale» –
dite aussi méthode de la seringue.
Passons sur les détails…
L’enfant né de cette «union» a alors bien un père et une mère
biologiques. Et, comme dans les familles recomposées, il a deux
foyers. Les futurs coparents rédigent généralement une charte
spécifiant les droits de garde, la place des copar équivalents
des beaux-parents) et les modalités à suivre en cas de conflit
du «couple parental». Légalement, la situation est identique à
n’importe quelle naissance hors mariage: le père et la mère
biologiques sont reconnus comme parents légaux et partagent
l’autorité parentale sur l’enfant. Dans le cadre d’une
coparentalité, les compagnons des parents biologiques, ou
coparents, pourtant présents dès l’origine du projet, n’ont
aucun statut légal. Le Code civil n’avait évidemment pas prévu
le cas de deux papas et deux mamans! «C’est l’ occasion de
s’interroger sur la place des coparents et des beaux-parents
dans toutes les nouvelles formes de familles», affirme l’APGL,
qui milite en faveur de leur
reconnaissance légale et de la constitution d’un livret de
l’enfant où seraient précisés les parents biologiques,
juridiques et sociaux. Hier, la contraception et l’aide à la
procréation médicale assistée ont permis de dissocier la
sexualité de la procréation. Aujourd’hui l’adoption et la
coparentalité entraînent une distinction entre parenté et
parentalité.
En revendiquant ce droit à la parentalité, les couples
homosexuels remettent donc en question la conception
traditionnelle de la famille et des liens de filiation qui y
sont attachés. «Symboliquement, c’est un énorme bouleversement
pour une société qui s’est fondée sur le stéréotype "un seul
père, une seule mère" avec des parents censés être les
géniteurs, confirme l’ethnologue Anne Cadoret (2).
Mais
aujourd’hui cette construction éclate: on peut avoir plusieurs
figures de père, plusieurs figures de mère (comme dans les
familles d’accueil), les père et mère ne vivent pas
obligatoirement ensemble (comme les divorcés). On peut imaginer
une autre forme parentale du lien homme-femme-enfant, où
l’enfant, bien que toujours issu d’un mélange de masculin et de
féminin, ne vit pas complètement ou pas du
tout avec un père et une mère, mais avec deux "mères" ou deux
"pères".»
Deux papas, deux mamans... «Un aberration psychologique, affirme
le prêtre-psychanalyste Tony Anatrella. Le risque est de
fabriquer des enfants psychotiques .»
Pourtant, depuis trente
ans, «toutes les études montrent que les enfants élevés par des
parents homosexuels n’ont pas plus de difficultés psychologiques
que les autres, souligne le célèbre psychanalyste Boris Cyrulnik.
Peut-être même vont-ils mieux, car ils ont souvent des parents
très aimants et très attentifs. Le danger serait d’ailleurs
plutôt là, dans ce souci de faire du zéro faute, puisque nous
savons bien que c’est aussi grâce aux erreurs de ses parents que
l’enfant se construit!»
Bien qu’il soit l’auteur de l’une de ces études (3), le
pédopsychiatre Stéphane Nadaud en souligne le caractère
éthiquement choquant. «Imaginez les mêmes travaux sur la
capacité des juifs à élever des enfants!» Les ténors de l’
homoparentophobie (Michel Schneider, Aldo Naouri, César Botella…)
brandissent encore l’épouvantail de l’indifférenciation des
sexes. Nadaud leur rétorque que « pour qu’un enfant soit trompé
sur la différence des sexes, il faudrait vraiment qu’il vive en
vase totalement clos!»
Fruit d’une amitié de vingt ans entre Joël et Nathalie et de
l’amour de deux couples gay et lesbien, Louise, un an et demi,
née par «insémination artisanale», distribue une pluie de
sourires. Un hochet à la main, elle trottine gaiement jusqu’à
l’album- photos que Joël lui tend. «Où elle est, maman?» Le
petit index vient frapper sans hésitation sur toutes les images
de Nathalie, sa mère biologique. «Et Sophie, où elle est?» La
«tata» de Louise est pointée en un éclair. «Et papa? et Gilles?»
Pas l’ombre d’une hésitation. S’il y a quelqu’un de perdu dans
cette coparentalité à quatre parents, ce n’est sûrement pas
elle! Louise a un papa, une maman, plus deux coparents. Ce
qu’ils réclament aujourd’hui, c’est des droits pour protéger
leur fille de tous les accidents de la vie.
-«Quand je vois cette petite fille qui nous donne tout ce
bonheur en partage, il m’est insupportable de penser que des
juristes et des politiciens s’arrogent le droit de discuter de
son droit à l’existence! déplore Joël. Comme il est absurde que
Gilles et Sophie ne puissent être reconnus en tant que parents
sociaux de leur fille.»Si Joël et Nathalie venaient à mourir,
Louise serait déclarée orpheline. Bien que
possédant encore deux coparents vivants. Où est l’intérêt de
l’enfant?"
Marie
Lemonnier
(1)
www.apgl.asso.fr
(2) «Des parents comme les autres», Odile Jacob, 2002.
(3) «Homoparentalité. Une nouvelle chance pour la famille?»,
Fayard, 2002.
Source Le Nouvel
Obs
Semaine du jeudi 20 mai 2004 - n°2063 - Francewww.nouvelobs.com/articles/p2063/a241448.html
"J'AI 2 MAMANS, c'est un secret"
- Claire BRETON
Editions LEDUC.S - 2005
"J’ai
trois ans quand ma mère quitte
mon père... pour une femme. Je
vais donc vivre pendant douze
ans, avec mes deux mamans, sans
rien soupçonner. Et c’est par
hasard, à quinze ans, que
j’apprends brutalement la
vérité. Aujourd’hui, grâce à ce
livre, je vais enfin pouvoir "
en " parler avec ma mère. Quelle
sera sa réaction ? " Ce livre
est un témoignage : claire
Breton a 15 ans quand elle
réalise combien l’homosexualité
de sa mère et de sa " tante " a
pesé sur son équilibre. Ce
livre est aussi une enquête.
L’auteur a interrogé des enfants
élevés par un couple homosexuel.
Ils sont au moins 100 000 en
France, aujourd’hui. Elle a
voulu savoir s’ils avaient
traversé les mêmes difficultés,
s’ils avaient inventé les mêmes
mensonges pour protéger leur
famille et se protéger eux-mêmes
du regard des autres"
- Pourquoi avoir écrit ce livre
témoignage ? J'avais d'abord envie de passer
au dessus de l'omerta familiale...
Enfin il me semble nécessaire de
faire avancer le débat sur l'homoparentalité.
Torp intellectualisé, il ne se
soucie pas assez des familles et
surtout des enfants concernés.
-Quelles
difficultés rencontrent ces familles
au quotidien ? Le regard des autres est pesant,
surtout pour les enfants qui ont
besoin de conformité.
Les parents eux ont peur d'être
jugés par leur enfant et n'osent pas
expliquer la situation avec des mots
simples, alors qe c'est la solution.
L'absence de cadre juridique pour le
parent social est aussi
problématique...
"UN
HOMME ET UNE FEMME NE FONT PAS UN ENFANT
- Conférence Maurice GODELIER
L'anthropologue intervient dans un cycle
sur l'embryon à la Cité des Sciences à
Paris
Journal 20' 31/01/2005 "Un enfant n'est pas terminé avant
d'être construit socialement "
"(..)La parentalité sociale s'élargit
aux dépens de la filiation génétique.
(...) Et le débat sur l'homoparentalité ?
C'est un tournant majeur. Si on légalise
la famille homosexuelle... les sociétés
occidentales vont pourtant dans ce
sens-là et il vaut mieux accompagner le
mouvement. Après la Hollande, l'Espagne
vient de légaliser le mariage
homosexuels. Si l'on avait regardé plus
tôt nos cousins les Bonobos on
aurait vu qu'ils sont à la fois homo et
hétérosexuels, les primatologues
semblent avoir eu bien du mal à
"découvrir" que les "deux sexualités
sont naturelles".. D'autre part on ne
peut pas dire que l'hétérosexualité
donne une garantie sur l'éducation des
enfants. Dans le débat qui va
nécessairement s'ouvrir à l'occasion de
la prochaine campagne électorale, les
politiciens vont être obligés de prendre
position sur l'homoparentalité."
Extrait interview Maurice
GODELIER pour le journal 20".fr - Propos recueillis par
Luc Brunet
....................................................................................................................................................................................
retour
Interview
Nouvel Observateur Elisabeth
Roudinesco
Semaine du jeudi 3 octobre 2002n°1978 - Notre époque Photo Elisabeth Roudinesco
Le nouveau désordre familial - Parents homos: «C’est le sens de
l’histoire» La
psychanalyste
Elisabeth Roudinesco
plaide pour la reconnaissance de l’homoparentalité.
Dans son livre "La
Famille en désordre"
elle retrace depuis le XVIIIe siècle le parcours de cette tribu insolite
qu’est la famille
Le Nouvel Obs. – Vous décrivez dans votre ouvrage les grandes
mutations de la famille. Quel est selon vous le plus grand bouleversement
qu’elle ait subi? Elisabeth Roudinesco. – La perte de l’autorité paternelle,
sans doute. «En coupant la tête du roi, la Révolution a fait tomber la
tête de tous les pères de famille», a écrit Balzac. Au cours du xxe siècle,
le père a perdu la quasi-totalité de ses pouvoirs. Les femmes, libérées
par la contraception, se sont progressivement émancipées, jusqu’à décider,
dans certains cas, de se passer des hommes pour fonder un foyer. Les fils
se sont mis à critiquer la toute-puissance des patriarches. La famille
s’est maternalisée, privilégiant la relation mère-enfant. Depuis, les
pères tentent difficilement de trouver leur place. La famille
contemporaine est totalement désordonnée, c’est une tribu insolite,
fragile et névrosée… N. O. – … une tribu qui selon vous n’a jamais été autant
plébiscitée. E. Roudinesco. – Après avoir été tant critiquée en
1968, elle est maintenant aimée, rêvée. On lui demande d’être tout
à la fois: le creuset de l’épanouissement individuel, du bonheur et du
plaisir sexuel, la grande forteresse dans laquelle se ressourcer dans un
monde dépressif… Ainsi la famille contemporaine se cherche, se
transforme, elles est monoparentale, homoparentale, recomposée, déconstruite…
Et pourtant elle reste la cellule de base de la société, notamment parce
qu’elle est indispensable à la structuration du sujet. C’est ce que
Freud entendait démontrer avec la thèse du meurtre du père et de la réconciliation
nécessaire des fils avec la figure paternelle. La famille, c’est le
lieu par lequel le sujet construit inconsciemment son autonomie, à
travers une relation conflictuelle avec ses parents, représentants de
l’autorité. N. O. – Remplit-elle toujours aussi bien ce rôle, alors que
l’autorité paternelle est en crise? E. Roudinesco. – Je ne fais pas partie des
souverainistes qui s’alarment de la fin de l’autorité de l’école,
de la République ou du père. Je ne crois pas que la paternité soit réellement
en danger, bien qu’elle ait tout perdu. Un certain type d’autorité
est en train de disparaître, mais la société va accoucher d’autres
formes d’ordre symbolique. Au xixe, les penseurs conservateurs
redoutaient l’émancipation des femmes. Ils disaient: «Si elles
travaillent, si elles se mettent à porter des pantalons et à revendiquer
une sexualité épanouie, c’est la fin de la différence des sexes et la
mort de la famille.» C’était simplement la fin d’un certain mode de
famille… Aujourd’hui, on n’accuse plus les femmes, mais les
homosexuels. L’homophobie actuelle traduit la même peur qu’une sorte
d’apocalypse ne vienne ravager la société.
N. O. – Ce sont d’ailleurs les homosexuels, leur désir
revendiqué de se mettre en couple et d’élever des enfants qui vous ont
amenée à vous intéresser à la famille… E. Roudinesco. – C’est vrai, je ne m’attendais pas
à ce que les homosexuels souhaitent recréer un ordre familial qu’ils
avaient si longtemps, si violemment contesté. Je suis désormais persuadée
que le sida, qui a décimé toute une génération très jeune, a dû
considérablement accroître le désir des gays d’engendrer et de
transmettre. J’ai écouté les débats sur l’homoparentalité et
j’ai été très frappée par la violence des propos tenus par certains
psychanalystes. Ils se sont posés en pseudo-experts, ont affirmé: «C’est
impensable, impossible, parce que c’est contraire à la nature, au
complexe d’Œdipe, parce que ça ne s’est jamais vu», sans aucun
recul, sans jamais essayer de comprendre ce qui se jouait là, dans ce
mouvement de l’histoire. A force d’être sollicités par les pouvoirs
publics et les médias, certains représentants des sciences humaines ont
aujourd’hui tendance à s’ériger en gendarmes ou en techniciens du
bien et du mal, ce que je trouve dangereux. N. O. – Comment expliquer ces réactions? E. Roudinesco. – Pour la première fois en Occident,
des hommes et des femmes homosexuels prétendent se passer de l’acte
sexuel pour fonder une famille. Ils transgressent un ordre procréatif qui
a reposé, depuis 2000 ans, sur le principe de la différence sexuelle. A
la limite, on pouvait imaginer que des homosexuels puissent élever des
enfants, mais l’idée qu’ils veuillent le faire en couple a été un
choc… N. O. – Vous militez aujourd’hui pour une reconnaissance des
familles homoparentales. Pourquoi? E. Roudinesco. – A partir du moment où l’on considère
l’homosexualité comme une sexualité ordinaire, je ne vois pas pourquoi
on continue à discriminer les parents gays et lesbiens. D’autant que
personne ne peut dire que les enfants d’homosexuels sont plus perturbés
que les autres, qu’ils sont élevés avec moins d’amour et
d’attention. Il faudra bien admettre un jour qu’ils portent, comme
d’autres, la trace singulière d’un destin difficile. Et il faudra
bien admettre aussi que les parents homosexuels sont différents des
autres parents. C’est pourquoi notre société doit les accepter tels
qu’ils sont, en leur accordant les mêmes droits et les mêmes devoirs.
Et ce n’est pas en se contraignant à être «normaux», à participer
à des enquêtes prouvant que leurs petits vont parfaitement bien ou sont
à l’aise avec le sexe opposé que les gays et lesbiennes parviendront
à prouver leur aptitude à être de bons parents. Car, en cherchant à
convaincre ceux qui les entourent que jamais leurs enfants ne deviendront
homosexuels, ils risquent de donner d’eux-mêmes une image désastreuse.
Rappelez-vous: tous les enfants héritent dans leur inconscient de
l’enfance de leurs parents, de leur désir et de leur histoire. N. O. – C’est pour cela que vous critiquez la culture du
secret, qui, dans les adoptions mais aussi dans les PMA (procréations médicalement
assistées) avec donneur inconnu, conduit à dissimuler les origines
biologiques de l’enfant…
E. Roudinesco. – Je pense que ces habitudes françaises, qui
consistent à assimiler filiation adoptive et biologique, ont vécu. On
l’a vu d’ailleurs très clairement lors des débats sur la réforme de
l’accouchement sous X. Les enfants adoptés ou nés sous X revendiquent
aujourd’hui le droit de connaître leur histoire. Nul n’échappe à
son destin, l’inconscient vous rattrape toujours. N. O. – Mais faut-il toujours tout dire? Avouer par exemple à
un enfant qu’il a été conçu avec le sperme d’un inconnu?
E. Roudinesco. – Non, évidemment. Je ne suis pas pour assommer
tout le monde avec des vérités dès l’âge de 2 ans. Dans ce domaine,
chaque histoire est inédite, et il faut réfléchir au cas par cas. Mais,
à mon sens, les enfants adoptés ou issus de la PMA ne sortent jamais
indemnes des perturbations liées à leur naissance. Il faut rester
ouvert, être attentif à leurs questions, s’ils en posent, et surtout
ne pas chercher à cacher la vérité. L’idéal serait de trouver une
position équilibrée entre le système de transparence absolue à l’américaine
et le système de dissimulation à la française, lequel, ne l’oublions
pas, reposait autrefois sur une intention généreuse d’égalité des
droits entre les enfants issus de différentes filiations. Propos
recueillis par Sophie des Déserts La Famille en désordre - Ed. Fayard
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retour
photo GayBarcelona Deux
mères valent-elles mieux qu'une?
Par Karen X.
Tulchinsky "Mon
amie et moi avons décidé d'avoir un enfant.
Nous formons
un couple depuis quatre ans et sommes propriétaires d'une
maison entourée d'un joli jardin et d'une clôture en bois.
Nous vivons une relation fondée sur un engagement à long
terme et des liens d'amour profond, et adorons les enfants.
En bonne santé et en pleine maturité, nous jouissons du
soutien de nombreux parents et amis. Mais il y a un petit
problème. Nous n'avons pas de sperme. Comme nous sommes
lesbiennes, le sperme ou le fait de ne pas en avoir n'a
jamais vraiment compté parmi nos préoccupations. Mais voilà
que cette substance occupe maintenant une grande partie de
nos pensées : nous nous intéressons aux moyens d'en
obtenir et considérons avec émerveillement l'impact
qu'elle aura sur nos vies.
Jusqu'à tout récemment, tout le monde tenait pour acquis
que les lesbiennes n'avaient pas d'enfants. L'un des plus
profonds regrets éprouvés par les parents de bien des
personnes homosexuelles tient au fait que nous ne leur
donnerons pas de petits-enfants. Même s'il a toujours été
possible, sur le plan biologique, pour les couples gais d'être
parents, rares étaient ceux qui y aspiraient. Après tout,
dans les années 70, les lesbiennes étaient trop occupées
à organiser des festivals de musique et des défilés de la
fierté gaie, à assurer des services d'aide dans des
maisons d'hébergement pour femmes, à jouer à la balle
molle, à gérer des cafés et à lutter pour l'égalité
des droits.
Mais au début des années 80, de nombreuses femmes réalisèrent
que l'expression "mère lesbienne" était loin d'être
une folie. Ce fut le début du baby boom lesbien. Ainsi, des
lesbiennes de tous les coins de l'Amérique du Nord troquèrent
leurs pancartes contre des biberons, leurs motocyclettes
contre des poussettes, leurs chemises à carreaux contre des
soutiens-gorge d'allaitement et leurs vestes de cuir contre
des anneaux de dentition.
Lorsque mon amie et moi avons pris la décision d'avoir un
enfant, nous avons établi que ce serait elle qui le
porterait. Mais il y avait d'autres facteurs à considérer,
au nombre desquels figurait, vous l'aurez deviné, le
sperme. Valait-il mieux faire appel à un donneur anonyme ou
a une connaissance? Devions-nous inclure dans notre projet
un ami, que l'enfant apprendrait à connaître en sachant
qu'il est son père "biologique", ou nous inscrire
à un programme d'insémination artificielle dans une
clinique de fertilité?
Après de nombreuses discussions, nous avons opté pour un
programme anonyme d'insémination artificielle. Comme de
nombreux couples homosexuels aux prises avec des problèmes
de fertilité, nous ne voulions pas d'une troisième
personne dans nos vies. Mais pour les couples lesbiens, une
autre question se pose inévitablement: tout enfant ne
devrait-il pas avoir dans son entourage une personne de sexe
masculin?
Des hommes, il y en aura dans la vie de notre enfant. Nous
avons des frères, des cousins et des amis. Notre enfant
aura une multitude d'oncles. Mais ce n'est pas ce qu'ont
habituellement en tête les personnes qui posent cette
question. Pas du tout.
Ce qu'ils veulent dire, c'est: votre enfant n'a-t-il pas
besoin d'un père?
Peut-être.
Dans le
dictionnaire, le mot père est défini de la façon suivante
: 1. Homme qui a engendré, qui a donné naissance à un ou
plusieurs enfants à partir de la fertilisation d'un ovule.
2. Homme qui a un ou plusieurs enfants qu'il élève. 3.
Personne à qui l'on doit un certain respect. Voyons voir.
J'ai l'intention d'élever notre enfant. Je prends part au
processus de conception et je crois être une personne qui mérite
un certain respect. Par conséquent, je pourrais fort bien
être le père. Et si notre enfant demande qui est son géniteur,
nous lui dirons la vérité.
Ainsi, après avoir réglé cet aspect de notre projet, nous
avons pris rendez-vous avec notre médecin, qui nous a
orientées vers la clinique Genesis Fertility, laquelle
fournit régulièrement du sperme à des futurs parents, hétérosexuels
ou homosexuels, sur recommandation d'un médecin. Lors de
notre première visite, nous avons anxieusement pris place
dans une salle d'attente décorée avec goût de fauteuils,
d'aquariums, de plantes et de tables de salon en bois
d'acajou poli, le tout baignant dans l'éclairage discret de
lampes sur rails. Sur des étagères se trouvaient des dépliants
et des revues traitant de fertilité et de politique
familiale. Nous avons feuilleté un numéro de la revue Parenting
Today en attendant notre tour.
Quelques minutes plus tard, on nous fit entrer dans le
cabinet du médecin de la clinique, qui prit connaissance de
notre statut de parents de même sexe sans pour autant
porter de jugement. Elle nous expliqua ensuite que mon amie
subirait un examen médical complet, après quoi nous
allions devoir choisir un donneur de sperme, établir les
dates importantes du cycle de ma conjointe puis revenir à
la clinique pour l'insémination. "Cela pourrait
prendre un certain temps, prévint le médecin. Préparez-vous
à vivre une période mouvementée."
Elle nous accompagna alors jusqu'à une salle privée et
nous remit un volumineux classeur, pour que nous procédions
au choix d'un donneur adéquat. A l'intérieur du document
se trouvait un bref profil d'une page pour chaque donneur,
numéroté et anonyme. Nous devions effectuer une première
sélection en vue d'en arriver à une poignée de possibilités;
ensuite, un rapport de cinq pages nous serait remis pour
chaque homme retenu. Ces rapports plus approfondis
comprenaient une description détaillée des caractéristiques
du donneur, notamment physiques. Sa taille, son poids, la
couleur de ses cheveux et de ses yeux, son origine ethnique,
son métier, ses loisirs, son groupe sanguin, la personnalité
publique à qui il ressemble, s'il a ou non les lobes
d'oreilles décollés, s'il possède des proches parents,
s'il souffre de maladies héréditaires ou d'allergies. A la
dernière page, on pouvait lire un essai rédigé par le
donneur, intitulé "Pourquoi j'ai décidé de faire un
don de sperme". Cette partie n'était sans doute pas
vraiment indispensable, mais elle nous a néanmoins aidées
à faire notre choix. Le donneur que nous avons choisi, le
numéro 6974L, avait écrit à propos de sa famille, de son
enfance, de ses intérêts et de ses passions avec beaucoup
de charme et d'honnêteté. Et ses lobes d'oreilles n'étaient
pas décollés. Il était parfait. Nous avions trouvé notre
homme.
Il fallait maintenant attendre le bon moment. Pendant
plusieurs mois, nous avons pris note des fluctuations du
cycle de mon amie afin de déterminer le jour exact de
l'ovulation. Puis nous avons constitué une trousse de
"conception" comprenant un ourson en peluche, un
biberon, une photo du regretté père de mon amie, un
lecteur de cassettes portatif et une cassette de chansons
pour enfants. Le jour venu, nous nous sommes rendues à la
clinique, à l'autre bout de la ville, pour notre première
tentative d'insémination.
A la clinique, la réceptionniste nous invita à prendre
place dans la salle d'attente, où patientaient d'autres
couples visiblement nerveux. Nous avons feuilleté une revue
d'une main fébrile en attendant que notre nom soit appelé.
La salle d'insémination, plutôt petite, avait une grande
fenêtre à travers laquelle on pouvait admirer un très
romantique paysage montagneux. Mais dans un coin se trouvait
un bureau d'infirmière sur lequel traînait un terrifiant
assortiment de gants de latex, de seringues, de tampons
d'ouate et de spéculums. Les murs étaient couverts de schémas
en couleurs, très peu romantiques, représentant l'appareil
reproducteur féminin. La table d'examen gynécologique,
plutôt imposante, était recouverte de papier blanc et
munie d'étriers en acier inoxydable. On nous informa qu'une
technicienne était en train de dégeler notre fiole de
potion magique: le sperme.
L'environnement avait une froideur plutôt clinique, mais
nous étions résolues à ce que notre enfant soit conçu
avec amour. Pendant que mon amie enfilait une blouse en
papier vert et prenait place sur la table d'examen, j'ai
installé notre lecteur cassettes, dans lequel j'ai inséré
notre choix musical. Les premières notes de Polly Wolly
Doodle, interprétée par Burl Ives, envahirent aussitôt
la pièce. Ensuite, je disposais joliment l'ourson en
peluche, le biberon et la photo sur le sol. Lorsque
l'infirmière revint, elle nous adressa un sourire. Elle se
mit même à chantonner Little Red Caboose, en choeur
avec le groupe Sweet Honey In the Rock. Elle avait dans les
mains une petite fiole de plastique qu'elle tenait devant
nos yeux. "Numéro 6974L, n'est-ce pas?"
"C'est bien ça", répondis-je. Nous avions depuis
longtemps mémorisé le numéro de notre donneur. 6974L.
Comme un chant magique.
La procédure d'insémination est plutôt simple. On injecte
du sperme dans l'utérus de la femme à l'aide d'une
seringue munie d'un long tube mince conçu pour atteindre
l'utérus, au-delà du col. L'infirmière installa
l'appareil, puis se retira. Ensuite, en regardant profondément
dans les yeux de mon amie, et avec tout mon amour, je
pressai sur le piston avec le pouce.
Il existe une multitude de théories en ce qui a trait à la
fécondation. Certaines personnes affirment que des rapports
sexuels aboutissant à l'orgasme contribuent à accélérer
le processus. Sans donner de détails, je dirais simplement
que de retour à la maison, après avoir effectué la partie
intime de notre rituel de conception, j'ai prescrit à mon
amie un demi-verre de vin et un jour entier de repos au lit.
J'ai également placé un coussin sous ses jambes pour les
maintenir élevées. Comme pour la soupe au poulet, il était
possible que ma prescription s'avère inefficace. Mais je me
disais que ces mesures ne pouvaient certainement pas nuire.
Il se trouve qu'il est toujours plus facile de tomber
enceinte quand on ne le souhaite pas. Ainsi, nous attendons
toujours, nous n'avons pas cessé d'essayer et nous avons eu
amplement le temps de penser aux conséquences de notre décision.
Il y a des années, lorsque j'annonçais à ma mère que je
désirais avoir un enfant un jour, elle poussa un cri comme
si un désastre venait de s'abattre sur elle. "Oh non,
tu veux ma mort, s'écria-t-elle. C'est certain."
"Maman, répondis-je, si je voulais mettre fin à tes
jours, je choisirais un moyen plus simple que de prendre une
décision dont les conséquences vont marquer le reste de ma
vie."
Ma mère était d'avis qu'étant donné que j'étais
lesbienne, il était injuste de ma part de vouloir avoir un
enfant. "Pense à tout ce que cet enfant devra
subir", m'avait-elle prévenue.
Mon amie et moi sommes loin d'être naïves. Nous sommes prêtes
au pire (et au meilleur). Nous ne pouvons pas prévoir
quelles expériences notre enfant aura à traverser, dans un
monde qui fait souvent preuve d'intolérance à l'égard des
parents gais ou dans des écoles qui refusent de reconnaître
ceux-ci. Mais nous savons ce qu'il lui sera donné de vivre
dans notre foyer. Notre fils ou notre fille connaîtra
d'autres familles gaies et lesbiennes, et nous lui
apprendrons à respecter autrui, à marcher la tête haute
et à apprécier la diversité. Nous respecterons ses
sentiments de même que ses combats. Quels que soient les défis
qui se présenteront, l'amour, les rires et les anneaux de
dentition en cuir lui seront toujours fournis en quantité
illimitée. Et même si certaines personnes ne manqueront
pas de dire que notre enfant a deux mères, je suis d'avis
que je ferai un excellent père."
Karen X. Tulchinsky, écrivaine habitant à Vancouver, est
l'auteure primée d'un roman et d'un recueil de nouvelles
intitulées respectivement "Love ruins Everything"
et "In Her Nature".
L'article ci-dessus a
initialement paru dans le Vancouver Sun.
Réseau canadien pour la santé des femmes
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retour
Montréal, Les éditions du remue-ménage et IREF, 2001,
189 p.
"Animée par des questionnements tirés à la fois de son
vécu personnel et de son
contact avec les études féministes, Nathalie Ricard a
voulu connaître l’expérience
d’autres femmes déterminées, tout comme elle, à
conjuguer maternité et lesbianisme
malgré l’antinomie apparente de ces termes engendrée par
les représentations
culturelles des « mères » et des « lesbiennes ».
Décidant d’en faire le sujet d’un mémoire
de maîtrise en intervention sociale, elle s’aventurait
alors dans un champ d’études peu
documenté, avec comme principal outillage un désir de se
mettre à l’écoute et une
curiosité sans bornes qui allait la mener à explorer de
multiples facettes du phénomène
de la maternité exercée par des lesbiennes.
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retour Famille Carla & Marie-Laure
Carla
Boni, Marie-Laure Picardet et
leurs trois filles ! Photo
APGL
"Depuis le
jugement du tribunal de grande instance de Paris, rendu le 2
juillet 2004,
Carla Boni et Marie-Laure Picard sont toutes les deux reconnues
comme mères à part égale vis-à-vis de leurs trois filles.
Un premier jugement rendu le 26 juin 2001 avait d’abord accordé
l’adoption simple des trois filles à Carla, mère sociale des
enfants. Mais l’adoption supposait que Marie-Laure, mère
biologique, renonce à son autorité parentale.
La loi sur l’autorité parentale du 4 mars 2002 autorise
cependant la délégation de l’autorité parentale avec un exercice
conjoint, ce que Marie-Laure et Carla ont sollicité auprès du
juge aux affaires familiales. Dans son jugement du 2 juillet, la
cour accorde cette délégation à Marie-Laure, en évoquant
«l’intérêt des enfants». Désormais, les deux femmes
bénéficient des mêmes droits et des mêmes devoirs sur leurs
trois filles. «Nous sommes heureuses, bien sûr, se réjouit Carla.
Mais c’est surtout important pour nos filles. Qu’il y ait une
reconnaissance légale de leur famille, c’est sécurisant pour
elles, elles en sont fières.» Carla et Marie-Laure ne
s’attendaient pas à une décision positive : «L’audience ne
s’était pas très bien passée. Le procureur avait donné un avis
négatif en parlant de détournement de la loi, qu’il avait
d’ailleurs mal interprétée.» «Plus il y aura de cas comme les
nôtres devant la cour, plus il faudra reconnaître que c’est du
délire de devoir passer devant la justice pour ces droits.
Les officiers de police que nous avions rencontrés, lors de
l’enquête diligentée par le parquet, ne comprenaient pas qu’on
ait à faire cette démarche», raconte Carla."
Tetu.com17/09/04
(Voir
début du dossier plus bas... )
Mamans,
papas, les Homosexuels ne sont pas stériles...
Italie :
Record de familles homoparentales à Milan
Tetu.com12/12/06
par
Fausto Furio Colombo
Les familles homoparentales réclament une
rencontre avec Letizia Moratti, ancienne
ministre de l'Éducation sous Berlusconi et
actuelle maire de Milan. Elles veulent un
dialogue avec elle, en tant que maire et femme,
pour présenter leurs demandes aux institutions.
D'après le recensement de 2001, Milan n'est pas
seulement la ville avec plus de célibataires,
mais elle est aussi celle qui compte le plus de
familles homoparentales. Au 25 novembre, les
parents homosexuels inscrits à l'association
Famiglie arcobaleno
(Familles Arc-en-ciel)
étaient 109. Après le
premier congrès sur l'homoparentalité en Italie,
le chiffre a triplé.
Un
chiffre auquel on peut ajouter 70 enfants.
«Quand on discute du Pacs et des unions de fait,
on ne parle jamais de nos droits et des enfants
de gays et de lesbiennes,
affirme Giuseppina La
Delfa, présidente de l'association.
Il y a un silence total, une volonté évidente
d'ignorer cette réalité. On parle d'enfants
seulement s'ils sont adoptés. Nos enfants sont
déjà ici et nous revendiquons une loi qui les
protègent.» Récemment Barbara Pollastrini,
chargée du ministère de l'Égalité, s'adressant
aux couples qui s'engagent à partager la
responsabilité parentale, a inclut les gays et
les lesbiennes, en soulignant qu'il n'y a qu'en
Italie que l'on est encore obligé de le
spécifier.