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Source "Café de l'Amour"**
Sujet du 14
novembre 2005
«Comme tu traites
l’argent, tu traites ta vie »
« L’argent est une puissante forme
d’énergie, le parfait point focal permettant de
travailler d’importantes leçons de la vie. Que nous le
haïssions ou que nous l’aimions, l’argent fait partie de
tout ce qui touche notre vie ». Maria Nemeth, auteur de "Libérer l’énergie de
l’argent"
En va-t-il de
même avec la relation amoureuse ? Ouvrons-nous notre
bourse comme notre cœur ou pour acheter l’amour ?
Agissons-nous dans ces deux dimensions avec la même
générosité, avec la même avarice, les mêmes hésitations,
les mêmes peurs ? Comment « investissons-nous » le
partenaire potentiel ou actuel ? Ce sont les ressorts et
les sources de nos comportements affectifs que nous
avons explorés. Avec l’éclairage de différents auteurs,
nous avons découvert de surprenants parallèles, « riches
» d’enseignements… Les comprendre pourrait sceller notre
bonne fortune financière et pourquoi pas amoureuse !
Synthèse
Fauchés comme les blés ou riches comme Crésus, les
rapports avec l'argent sont loin d'être neutres.
Pourtant, ce formidable instrument d'échange qui a
succédé au troc, à la lettre de change, au transfert de
dettes -ses précurseurs-, devrait se borner à passer
entre nos doigts sans nous troubler. Mais l'argent nous
affecte et nous tourmente Nous y pensons très souvent
dans la journée... Amusons-nous o compter le nombre de
fois où le sujet nous vient à l'esprit, nous serions
étonnés ! Pour la plupart des spécialiste, l'argent
correspond à un support vide sur lequel nous projetons
"nos connotations". C'est par ces projections qu'il
prend vie : l'argent devient ce que nous en pensons ! Il
donne aussi une clef d'accès au réel. Il traduit notre
manière d'être au monde, nos liens sentimentaux avec les
autres et avec nous-mêmes. Une querelle à propos de
l'argent cache, dans la plupart des cas, un litige plus
profond.
Quelques termes communs à l'amour et à l'argent : Mon
trésor, un billet doux, tu comptes pour moi, le conte
(compte) est bon, y trouver son compte, (s)'investir,
donner, recevoir, faire un bilan, thésoriser,
(s)'épargner, un intérêt, capitaliser, amortir,
rentabiliser, tu vas me le payer, gérer, coûter, cher
payé, quand on aime on ne compte pas (mais quand on
n'aime plus, on compte beaucoup !)etc. La liste est loin
d'être exhaustive.
D'après Pierre Pradevand, l'argent est "un puissant
outil de transformation personnelle. C'est une forme
d'énergie qui permet de comprendre et les schémas et les
blocages qui gouvernent nos attitudes".
Selon les psy, l'argent serait un objet d'amour ou de
haine, de convoitise ou de mépris, un sujet de disputes
infinies (divorces, héritages) ; on y projetterait les
manques ressentis dans la prime enfance. Il serait le
miroir de nos désirs inconscients. La façon dont nous
avons vécu le manque étant bébés serait à l'origine de
nos comportements vis à vis de l'argent. A l'âge adulte,
cette problématique se déplace sur l'argent,
représentation par excellence du domaine de l'avoir. En
fait, au-delà de sa fonction rationnelle d'instrument de
mesure, de moyen d'échange, l'argent possède des
significations inconscientes pour chacun de nous. On ne
comprend des comportements tels que l'avarice
pathologique ou le besoin de thésauriser qu'en se
référant à certaines peurs de manquer vécues dans la
petite enfance.
Au stade oral, phase la plus primaire du développement
(0-2 ans), le nourrisson évolue dans l'avoir : avoir
faim, chaud, froid, soif... Il se sent particulièrement
démuni et impuissant. Sa dépendance le conduit à rêver
d'un "sein" inépuisable, pourvoyeur permanent de lait,
qui lui permettrait d'échapper au manque. Le paradis en
quelque sorte. Ce type de fantasmes oraux se retrouve
chez les gens qui courent après l'argent ou veulent
brasser des sommes gigantesques. Dans l'inconscient,
l'argent est pour eux l'équivalent d'un sein toujours à
disposition. En ce qui concerne l'avare qui, lui,
retient son argent, il ressemble plutôt au jeune enfant
dont la rétention obstinée, lorsque sa mère l'assoit sur
le pot, le protège contre le menace imaginaire d'être
complètement vidé de sa substance. Le stade anal, la
maîtrise de ses sphincters peut permettre à l'enfant
surinvesti de s'affirmer, à un moindre niveau.
Les comportements de rétention (dont l'avarice est le
plus représentatif) sont dictés par le besoin
d'accumuler ou de conserver son capital intact. Leur
désir premier est de maîtriser le monde, de dominer
psychologiquement leurs amis, leur famille, leurs
associés et leurs employés s'ils occupent des fonctions
dirigeantes. Ce tempéraments jouissent de compter et
recompter ; chaque euro économisé est une victoire. Pour
eux, l'argent, c'est la puissance. En dépenser, c'est
perdre le pouvoir. En se retenant de lâcher sa carte de
crédit, on est dans la maîtrise.
Le besoin de conserver son avoir peut également dériver
d'une insécurité de bas, d'un manque de confiance en
soi. L'argent sert alors de repère (re-père) pour se
diriger dans l'existence.
Les tempéraments dilapidateurs conjuguent souvent
plusieurs addictions : sexuelle, affective, tabagique,
alcoolique, etc. Poussés par la déprime ou l'angoisse,
ils succombent à l'appel de l'achat. Ils se délestent de
leur argent pour alléger le poids qui les oppresse.
Les cigales aveugles préfèrent ne pas se voir dépenser.
Cette attitude résulte le plus souvent d'un désir
inconscient de s'aveugler, de ne rien savoir, par peur
de l'avenir. S'abstenir de penser à des dépenses revient
à se protéger. Mais le goût de la dilapidation peut
aussi être d'effet d'un désir agressif de faire payer
l'autre.
Si le fait de dépenser sans jamais tenir compte de ses
revenus réels marque un infantilisme persistant, savoir
se faire plaisir dans la limite du raisonnable est, à
l'inverse, une preuve de maturité. Les tendances à la
dilapidation peuvent également être le fruit d'un désir
inconscient d'autopunition. C'est le cas de ceux qui
investissent frénétiquement et en pure perte, comme si
une malédiction leur interdisait de faire fructifier
leurs gains.
Avoir en permanence la main au portefeuille est souvent
une façon d'acheter l'amour et l'estime de ses
semblables en donnant le minimum de soi-même. Les
généreux excessifs sont souvent mus par un sentiment de
culpabilité. D'où la multiplication de comportements
réparateurs visant à se dédouaner. La vraie générosité
est rare. Elle appartient à ceux qui savent donner sans
l'arrière-pensée de s'attacher celui à qui ils donnent.
A l'inverse, se positionner en marge du système et s'en
énorgueillir, occuper la place du censeur vertueux qui
condamne les excès de ses contemporains, marquent un
refus, ou bien de devenir adulte et de prendre ses
responsabilités en modifiant un fonctionnement social
que nous méprisons, ou bien d'accepter le monde tel
qu'il est. |