Ruth Ellis,
la plus ancienne militante
LGBT de l'histoire
Mireille HAVET, poétesse
Benoite Groult
RADCLYFFE
Djuna Barnes
Ali
Valli,
une cubaine en Louisiane... Hildegarde de
Birgen, la méconnue Marguerite Yourcenar
Ruth Ellis, la plus ancienne militante LGBT de
l'histoire
Source veryfriendly.fr 08/10/2009
Elle a vécu jusqu'à 101 ans et elle est connue
comme l'une des plus ferventes défenseuses des
droits des gays et lesbiennes des États-Unis. En
son honneur, un centre un centre qui aide les
jeunes homos à la rue a été créé
Ruth Ellis est né le 23 Juillet 1899. Elle était
la plus jeune de quatre enfants et la seule
fille. Ses parents sont nés dans le Tennessee,
États-Unis, pendant les dernières années de
l'esclavage. Son père a été le facteur premier
noir dans la ville de Springfield. Ellis a
fréquenté l'école à un moment où très peu
d'américains s'étaient inscrits dans
l'enseignement secondaire et une minorité
d'origine africaine. Elle se rendit compte de
son orientation sexuelle quand elle avait 16
ans. Elle faisait remonter ses premiers émois à
son professeur de gymnastique, la première femme
qui l'avait attirée. Au début de 1920, Ruth
Ellis a rencontré Cecilie "Babe" Franklin. Elles
sont devenues amies et amantes pendant plus de
35 ans. Lorsque Ellis déménagé à Detroit
en 1930, "Babe" l'a rejointe. Le couple a acheté
une maison et celle qui deviendra une fervente
activiste a commencé une entreprise
d'imprimerie. Elle devint ainsi la première
femme originaire du Michigan (et noire) à
exploiter une entreprise d'imprimerie...
Sa
maison devint le lieu de rencontre local pour
les Américains gais et lesbiennes
afro-américains. Connu comme "le lieu gay",
Ellis a ouvert sa maison pour les fêtes, et n'a
jamais refusé d'héberger un qui avaient besoin
d'un endroit pour dormir... Dans la dernière
partie de sa vie, Ellis est devenu un personnage
bien connu dans la communauté LGBT, d'abord
localement, puis à l'échelle nationale. Elle
assiste à des manifestations et des programmes
dans tout le pays, souvent comme oratrice ou en
invité spécial. Elle aimait toujours danser et
rencontrer des gens, même avec l'âge...
En 1999, la vie Ellis a fait l'objet du
documentaire "Living With Pride: Ruth C. Ellis @
100 ", dirigée par Yvonne Welbon. Le film a
été projeté dans les cinémas du monde entier et
dans des festivals, il a remporté le Prix du
Public du Meilleur documentaire à
l'international du "San Francisco Gay and
Lesbian Film Festival" en 1999.
Décédée en 2000, elle laisse derrière elle des
années de combat à son échelon, mais aussi une
figure de lesbienne forte, âgée, ce qui est
rare, et fière, comme active jusqu'au bout. Pour
l'égalité.
En son honneur a été créé Ruth Ellis Center, un
espace qui aide actuellement les personnes LGBT
sans abri.
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retour
Paris:
une
place au
nom de
la
poétesse
lesbienne
Mireille
Havet
Source
tetu.com
29/01/2009
Enfin,
on
permet à
la
culture
lesbienne
d'exister,
en
l'inscrivant
dans le
patrimoine
urbain!
Ce
vendredi
29
janvier,
en
effet,
en
effet,
sera
inaugurée
la
«place
Mireille-Havet»
du nom
de la
poétesse
amie de
Cocteau,
de
Colette,
et dont
on a
commencé
à
rééditer
le très
sombre
et
magnifique
Journal
en 2003
aux
éditions
Claire
Paulhan.
Mireille
Havet y
racontait
ses
errances
et sa
complainte
de
garçonne
Don
Juane,
ses
conquêtes
désespérées
et y
confiait
son goût
pour
l'opium
et les
soirées
littéraires
du Paris
des
années
folles.
Vendredi,
à 11h,
la place
sera
donc
baptisée
du nom
de la
fugace
poétesse
disparue
à 34
ans, sur
le
terre-plein
central
du
faubourg
Saint-Antoine,
entre
les rues
Saint-Bernard
et
Faidherbe.
Une
vraie
avancée
pour la
visibilité
lesbienne!
-
Journal
1918-1919,
de
Mireille
Havet,
éd.
Claire
Paulhan,
256 p.,
20 €.
Suivi de
Journal
1919-1924,
544 p.,
35 €, de
Journal
1924-1927,
448 p.,
36 €.
Mireille
Havet,
poétesse
lesbienne
(extrait
photo
coll.particulière)
femme
extrême,
jouisseuse,
féroce,
mondaine
qui a
traversé
les
Années
folles
en
sainte
damnée,
croisant
Cocteau,
Apollinaire,
Coco
Chanel…
Elle
laisse
un
brûlant
journal
intime
(1913 à
1929)
-
Source
Télérama
-
02/08/2008 - "Je
serai
abracadabrante
jusqu'au
bout »,
déclarait
dans son
ténébreux
journal
la «
petite
poyétesse
»
(...)que
lança
Guillaume
Apollinaire
en 1914
; qui
troubla,
adolescente,
son aîné
Paul
Fort ;
émut,
jeune
fille,
Colette,
et fut
vivement
célébrée,
jeune
femme,
par
Cocteau,
le
compagnon
des
nuits
d'opium
(...)
Mireille
Havet
fut
tellement
abracadabrante,
sulfureuse
amazone
des
Années
folles,
que la
postérité
se fit
un
devoir
d'oublier
cette
étoile
filante
trop
douée,
morte de
tuberculose
dans la
solitude
et la
misère à
34 ans
(1932),
après
avoir
été une
jeune
écrivaine
prodige
promise
à tous
les
succès,
une
indomptable
don
Juane du
Paris
lesbien,
un
esprit
libre et
acéré
qui ne
supportait
aucun
masque.(...)
On
découvre
une
artiste
tout
ensemble
proche
de
Marcel
Proust
pour sa
vision
assassine
d'une
société
à la
dérive,
de la
religieuse
portugaise
pour ses
vertiges
amoureux,
des plus
roués
libertins
du
XVIIIe
pour ses
transgressions
de tout
tabou,
de
Dostoïevski
pour ses
descentes
aux
enfers.
Une
extrême.
Une
jouisseuse.
-«
J'aime
la vie.
Elle me
monte à
la tête,
elle
m'envahit.
Elle
surpasse
ses
promesses
comme
une
maîtresse
follement
amoureuse
et qui
ne
craint
plus de
trop
prouver
son
amour.
J'aime
la vie
et elle
m'aime.
Je sens
sur mes
joues
ses
longues
caresses.
[...]
J'ai la
chance
inouïe
d'avoir
faim de
tous les
plats du
monde et
d'agrandir
au
contraire
mon
appétit
à mesure
qu'âprement
je
dévore
l'univers
»,
écrit-elle
en 1922.
Tout,
alors,
semble
encore
possible
à la
jeune et
frêle
poétesse,
tôt
fêtée
dans le
Paris
artiste
de
l'époque,
ambitieuse,
rosse et
mondaine,
arborant
crânement
cheveux
courts,
canne,
costume
d'homme
et
cravate.
Elle
n'a
jamais
dissimulé
son goût
passionné
des
femmes
et
n'a
jamais
vraiment
souffert
non plus
d'ostracisme,
née dans
un
milieu
bourgeois
plutôt
curieux
et
éclairé.
(...)Elle
préfère
sans
complexe
se
laisser
entretenir
par des
maîtresses
fortunées
- «
J'acceptais
d'elle
ce qui
est
naturel
entre
amants,
qu'elle
assure
ma vie
matérielle
»,
avoue-t-elle
en 1925
à propos
du grand
amour de
sa vie,
Reine
Bénard.
(...)
malgré
des
tentatives
de
désintoxication
moult
fois
recommencées.
Mireille
Havet a
osé
décrire
comme
peu d'opiomanes
comment
« aller
droit à
l'enfer
par le
chemin
même qui
le fait
oublier
», tout
en
reconnaissant
: « ma
folie ne
me rend
pas
heureuse,
mais je
la
préfère
». Aux
frontières
du
masochisme,
sa
lucidité
émerveille.
Et ce
regard
impitoyable
sur
elle-même
et le
monde. «
La vie,
c'est un
endroit
où l'on
meurt »,
dit-elle
sans
craindre
les
paradoxes.
Ne
fut-elle
pas
proche
des
artistes
d'avant-garde
tout en
cultivant
un
romantisme
d'un
autre
âge ;
d'apparence
libérée,
ouverte,
affranchie
tout en
accumulant
les
préjugés
antisémites
et
nationalistes,
tout en
se
comportant
en macho
avec ses
petites
amies
qu'elle
battait
volontiers,
tout en
se
moquant
ouvertement
des «
gousses
», elle
qui
n'aimait
rien
tant que
«
pervertir
» les
sages
bourgeoises
hétérosexuelles
? La
femme
était
consciente
de ses
cruautés,
de ses
fêlures
: « J'ai
perdu ce
qui
faisait
de moi
un poète
et je
suis
devenue
un être
avec
toutes
les
paresses,
toutes
les
lâchetés,
tous les
désirs
des
êtres
que la
vie a
domestiqués,
asservis
sous son
poing de
fer,
courbés
sous le
joug de
l'argent,
de
l'amour
et de
l'ennui.
»
C'est
qu'elle
est
avant
tout une
femme de
l'entre-deux-mondes.
Elle a
vu
mourir
les
guerriers
des
derniers
empires
en
14-18,
vu
s'effondrer
l'économie
mondiale
en 1929
; elle
disparaît
en 1932
quand va
poindre
le
nazisme
et
autres
atrocités
contemporaines.
Sans
s'en
rendre
toujours
bien
compte,
la
garçonne-médium
des
Années
folles
fait le
pont
entre le
triste
hier et
le
terrible
demain,
deux
moments
de
déchirure
- « je
suis une
grande
brèche
où
toutes
les
monstruosités
du monde
peuvent
passer
».Elle
n'y
résiste
pas.
Car
celle
qui
adore
danser
le tango
dans les
bouges
habillée
en homme
refuse
le «
mentir
vrai »
de son
ami Jean
Cocteau,
dont
elle
incarnera
le
personnage
de la
Mort
dans
Orphée,
habillée
par sa
camarade
Chanel,
en 1926.
Elle
abhorre
le
mensonge.
Affronte
ses
outrances
et ses
vices.
Décrit
avec une
cinglante
vérité
la
violence
d'une
sexualité
irrépressible
: « Dans
la
tombe,
je
tombe. »Au
moins
Mireille
Havet la
ténébreuse,
la
veuve,
l'inconsolée,
qui se
comparait
si
souvent
à un
pauvre
Arlequin,
aura-t-elle
été au
bout de
ses
labyrinthes.
Mais
seul son
journal
plaintif
et
convulsif,
lapidaire
et
lyrique,
témoigne
de ce
cheminement
de
sainte
damnée.
Il était
son
salut.
Il est
aujourd'hui
sa
résurrection.
L'écriture
comme
jamais
aura ici
sauvé
une âme
perdue
de ses
démons,
enfin
magnifiés
pour
l'éternité."
(excellent
article
de)
Fabienne
Pascaud
-
Télérama
n° 3055
-
Article
complet
www.telerama.fr/livre/mireille-havet-l-inconsolee,32048.php#cmtavis
A LIRE
***
“Mireille
Havet,
L'enfant
terrible”,
d'Emmanuelle
Retaillaud-Bajac,
éd.
Grasset,
524 p.,
20,90 €.
****
“Journal
1918-1919”,
de
Mireille
Havet,
éd.
Claire
Paulhan,
256 p.,
20 €.
Suivi de
Journal
1919-1924,
544 p.,
35 €, de
Journal
1924-1927,
448 p.,
36 €.
**
“Carnaval”,
de
Mireille
Havet,
éd.
Claire
Paulhan,
248 p.,
23 €.
"Vous
étiez
belle,
Madame...et
cet
imparfait
n'
enlève
rien à
l' éclat
toujours
vif de
vos yeux
d'
octogénaire.
Ardente,
infatigable... On
se
souvient
de
vos plus
grands
combats
:
pilule,
avortement,
ces
atouts
de femme
que vous
avez
remarquablement
soutenus
par
votre
talent
d'
écrivain.
Dans
votre
dernier
ouvrage
"La
touche
étoile",
vous
affirmez
...
-"On a le
droit de
faire toutes
les
conneries
que l' on
veut toute
sa vie. Se
marier, se
tromper,
divorcer et
même se
suicider.
Mais au
moment de
mourir,
terminé la
liberté. On
devient le
jouet de
forces
adverses
dont on n' a
rien à
faire, la
morale, le
pape ou des
médecins qui
ne veulent
pas entraver
leur
carrière."
édité aussi au"Livre de Poche" 6€ EAN / ISBN : 9782253119746 - Code Hachette : 3119740Prix TTC : 6,00 € - 256 pages
Je retrouve le franc-parler de la militante que vous demeurez, sincèrement engagée dans l' Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité.
Alors,
formulons le
voeu,
ensemble, de
ne pas avoir
besoin d'un
ultime
voyage en
Belgique...
Formulons le
voeu de voir
surgir un
nouvel état
de
conscience
où
responsabilité
et humanisme
iraient de
paire sur le
plus beau
mot de notre
langue comme
disait
Pasteur (...)Solange
Arcamone :
http://lettresdecoeur.blogg.org/date-2006-04.html
Photo CHD -
Benoite Groult,
Printemps du
Livre2007 à CASSIS
(séance de
dédicaces
)
Ali
Valli, une cubaine en Louisiane...Source
adventice.com
Originaire de Cuba,
Ali Vali vit en Louisiane, près de La
Nouvelle-Orléans où elle a situé l'action de
son roman Le Pacte du Sang. Un premier livre à la fois noir et
romantique au sein d'une famille pas comme
les autres... Ali Valli est également
l'auteure d'une nouvelle qui fut adaptée à
l'écran, Gillery's Little Secret.(...) -
Il y a quelque chose de vous dans les
personnages ? - Je crois que la seule similarité est
l’amour de la famille et l’amour des
chemises blanches bien repassées ;-).
J’essaie de mettre autant de moi que
possible dans mes personnages. Mais si vous
venez à La Nouvelle-Orléans, vous
découvrirez qu’elles vont dans des
restaurant et des bars que nous fréquentons.
Ma partenaire fait des recherches sur le
terrain quand je commence un nouveau livre.
Justement cette semaine, nous avons passé un
bon moment à visiter le Quartier français
pour trouver les endroits qui apparaîtront
dans mon prochain livre. L’autre similarité,
c’est l’amour des femmes. Quel que soit le
personnage que je décrive dans mes livres,
je veux que chaque femme y trouve un peu
d’elle-même.(...)Suite
de l'interview : www.la-reference.info/68-oct2008.html#6
Djuna Barnes célèbre la chair des "Répulsives" Source tetu.com 08/2008 Le premier livre de Djuna Barnes, Le Livre des répulsives, un recueil de huit poèmes et de cinq dessins datant de 1915, vient d'être édité en France, en édition bilingue. Il était temps. Auteure de l'Almanach des dames, Djuna Barnes, écrivaine et journaliste lesbienne new-yorkaise appartenant à l'avant-garde moderniste, s'installa à Paris dans les années 1920 et fréquenta le Paris lesbien arty des Gertrude Stein, Natalie Barney et Sylvia Beach. Ursula Del Aguila... " Le Livre des répulsives, de Djuna Barnes, (Éditions Ypsilon), 15euros En 1927, elle s'éprend de la sculptrice Thelma Wood, avec qui elle vit au 9 rue St-Romain. Elles rompent en 1931. "Après un roman quasi autobiographique (Ryder, 1928), elle écrit son chef d’œuvre, Le Bois de la nuit (Nightwood), préfacé par T. S. Eliot. Elle (...) retourne aux États-Unis qu’au début de la Seconde Guerre mondiale et meurt à New-York en 1982. Malgré l’intérêt que lui ont porté les féministes à partir des années 1970, elle reste peu connue aux États-Unis et à peu près ignorée en France. (...)suite et article complet : http://poezibao.typepad.com/poezibao/2007/02/djuna_barnes.html
RADCLYFFE (AuteurE) Née en 1950, Radclyffe est connue aujourd’hui pour être une romancière américaine contemporaine auteur de livres lesbiens. Elle a gagné de nombreux prix dont le Alice B. Readers Award en 2003 et 2004. Elle est membre de la Golden Crown Literary Society, la Pink Ink, et la Romance Writers of America. Ancienne chirurgien plastique, elle travaillait il y a quelques années encore à temps plein dans une clinique et passait son temps libre à écrire. Elle a depuis cessé d’exercer cette profession médicale pour se consacrer à l’écriture. Son pseudonyme vient de l’époque où elle a commencé à écrire sur un site américain de fanfictions des histoires basées sur la série X-Files mettant en scène le personnage de l’agent Dana Scully. En 2004 Radclyffe a fondé sa propre maison d’Edition baptisée Bold Strokes Books. Aujourd’hui il s’agit de l’une des plus importantes compagnies d’Editions LGBT indépendantes au monde. Elle vit avec sa partenaire, Lee, au nord de l’état de New York. Pour information, elle ne tape pas ses livres, elle les dicte à un programme de conversion vocale." "AMOUR ET HONNEUR"Radclyffe - éditions LABRYSwww.labrys.fr
Hildegarde de
Birgen(1098
à 1179)... la méconnue
Hildegarde
von Bingen, mystique allemande du XIe
siècle, Abbesse, femme de science,
femme médecin, célèbre, érudite,
Hildegarde est également musicienne et
compositrice prolifique, personnalité
politique, religieuse et visionnaire.
"Grande Abbesse, Religieuse visionnaire,
Herboriste accomplie,
Musicienne...Hildegarde
soutenait en particulier que l'esprit de
la femme est en tous points comparable
et égal à celui de l'homme.
Ces
déclarations lui avaient attiré les
bonnes grâces du peuple, mais n'avaient
pas manqué de choquer des hauts membres
du clergé de Mayence et même la noblesse
masculine allemande de l'époque. (...)
Hildegarde composa plus de 77
symphonies répertoriées
(musique
considérée comme étrangement moderne)
qu'interprètent
encore de nombreuses bénédictines
aujourd'hui (...)
Hildegarde était
également Maître dans la médecine
psychosomatique et l'art de guérir par
les plantes (...)
Trois siècles avant
Léonard de Vinci, Hildegarde avait déjà
dessiné une de ses visions : l'homme aux
six mains au coeur du Cosmos. (...)Hildegarde de Bingen "Prévention et
guérison des maladies"
>>> et aussi d'excellents portrait de
Hildegarde de Birgen :
>>>http://users.skynet.be/fa826656/pat/hist/vonbingen.htm
et
www.christ-roi.net/index.php/Hildegarde_de_Bingen
Marguerite Yourcenar
"Dès qu'il y a sympathie(ce mot si beau qui
veut dire "sentir
avec"...)commencent
à la fois l'amour et la bonté"
Marguerite Yourcenar
"Marguerite
Yourcenar et son oeuvre sont plus que passionnantes. Mais quand ses
biographes en parlent, certains domaines restent dans l'ombre ou
sont très mal éclairés : ceux où son anticonformisme déconcerte
le plus, encore aujourd'hui. Ceux où son anticonformisme découlait
de la sympathie par Alias * Mon
livre de chevet à moi, ce que j'ai le plus lu et relu, c'est
Yourcenar, et dans Yourcenar particulièrement L'œuvre
au noir, et dans L'œuvre
au noir, particulièrement le chapitre "L'Abîme".
Quel que soit l'état où je me trouve avant ma lecture, cet abîme
m'aide à le relativiser. Concentrée, précise, la condition
humaine universelle y coule et me calme. Mes anxiétés, mes colères,
mes enthousiasmes se ramènent à leurs justes proportions de
gouttes d'eau. Et par delà l'abîme, il y a toute cette magnifique
œuvre au noir. Et derrière l'œuvre au noir il y a Yourcenar.
On
a tant écrit sur Yourcenar (il existe même
une Société internationale d'études
yourcenariennes !), pourquoi en rajouter ?
Parce que ce qu'on a écrit m'agace
souvent. Et particulièrement ses deux
biographies les plus connues et récentes,
celles qui ont été publiées après sa
mort et qui font autorité, celle de
Josyane Savigneau chez Gallimard* en 1990
et celle de Michèle Sarde chez Laffont en
1995. Très poussées et informatives,
leurs présentations escamotent pourtant
les spécificités les plus difficiles à
cerner (faire quelqu'un ou se laisser
habiter par un personnage, vues
spirituelles et philosophiques...) et en déforment
totalement un autre, celui de l'amour et
de la sexualité.
*
A
l'opposé, les biographes s'ingénient
(c'est quasiment obsessionnel chez Michèle
Sarde) à trouver des amours hétérosexuels
dans la vie de l'écrivain et croient
plausible d'en détecter deux, un de
jeunesse, André Fraigneau, et un de
vieillesse, Jerry Wilson. Passons sur le
fait qu'il s'agit dans les deux cas
d'homosexuels, ce qui place d'emblée la
relation hors du schéma hétéro
classique. Mais même dans le cas, assez
improbable et qui laisse somme toute le
lecteur passablement indifférent, où
elle ait eu avec l'un ou l'autre des
relations sexuelles, en quoi était-ce
plus important que ses amours homosexuels,
en quoi ces derniers doivent-ils s'en
trouver dévalués, relativisés ou
ridiculisés ? Pourquoi en faire tant
d'histoires, pourquoi laisser entendre que cela était si
essentiel ? Pour ramener coûte
que coûte une personnalité dans la
normalité ? Pour ne pas avoir à évoquer
d'éventuels amours platoniques, les
seules passions toujours méprisées et dévalorisées
? Ou tout simplement pour ramener sur un
terrain connu des gens ou des situations
qui sont tout sauf banal, de façon à
rendre familier et compréhensible ce et
ceux que l'on n'arrive pas à saisir ?
Sacrifiée,
Yourcenar ? L'une
comme l'autre, Savigneau et Sarde
s'acharnent à minimiser l'amour que
Marguerite Yourcenar partagea avec Grace
Frick la moitié de sa vie (amour que
seule la mort a vaincu), et à monter en
épingle de possibles amours hétérosexuels.
A
les lire, on a constamment l'impression
que Marguerite s'est sacrifiée pour Grace
tout en étant sous sa coupe et que leur
vie ensemble était ridicule. On nous rabâche
que Yourcenar s'est exilée de France pour
suivre l'américaine Grace Frick, laquelle
la récompensa bien mal en tombant malade,
la privant de voyages. Cette Grace décidément
machiavélique se serait de surcroît
immiscée dans ses affaires, relisant et
classant ses papiers sous couvert de secrétariat
et d'archivisme. Enfin, leur vie commune
était "stagnante" et constituée
de "rites menus" (cartes de
Saint Valentin, petits gâteaux...) pour
citer Savigneau.
Imaginons
d'autres cas de figure : une femme s'exile
pour suivre son époux et le soigne quand
il est malade. Parle-t-on toujours de
sacrifice ? Une femme allège le travail
de son mari écrivain en lui épargnant
les taches de bureau. Y voit-on à redire
? Un couple marié garde de longues années
de petits gestes amoureux et complices.
N'est-ce pas attendrissant ?
Alors
non Yourcenar ne s'est pas sacrifiée, ou
si elle s'est "sacrifiée" il ne
s'agit que de concessions bien naturelles
dans une histoire d'amour. Le choix d'un
lieu de vie, prendre ses responsabilités
face à la maladie de l'être aimé, ce
n'est pas héroïque. Il faut bien peu
aimer pour penser le contraire. Quand dans
un couple la souffrance et la mort se
profilent, la vie ne "stagne"
pas. On s'y bat. Et les "rites
menus" y aident. Et à mes yeux ces
rites menus atteignent une grandeur que
bien peu de haut faits publics n'égalent.
Quelle que soit l'œuvre immense laissée
par Yourcenar, je ne la respecte que plus
de savoir que pour elle Marguerite n'a pas
négligé une date à fêter avec son
amour, fut-il sur son lit de mort. Je lis
d'autant mieux les grands sentiments proférés
quand ils viennent de quelqu'un qui sait
les vivre, les mots sonnent alors moins
creux à mes oreilles.
Par
ailleurs, quand on connaît un peu la
personnalité particulièrement forte de
Yourcenar, l'imaginer "sous la
coupe" de quelqu'un, c'est à dire
manipulable, timide ou influençable, est
vraiment très difficile tant cela
correspond peu à l'image constamment donnée
d'elle.
Bref,
toutes ces idées de sacrifice et de rites
menus sous la coupe de Grace m'irritent.
Elles font bien peu de cas d'une vie
commune d'environ quarante ans sur les 84
que vécut Yourcenar. Yourcenar que Grace
écrivait MY, ses initiales mais aussi
"my". Cet amour magnifique
aurait mérité, à mon sens, plus de
respect.
Hallucinée,
Yourcenar ? L'amour
est heureusement mille fois plus vaste que
ce à quoi on voudrait le réduire. Il
partage une frontière très floue avec
l'amitié, du moins celle digne de ce nom
(si l'on peut se permettre d'être moins
exigeant en amitié, c'est qu'il ne s'agit
en fait que de simple camaraderie). Et sur toutes les multiples formes que
peut emprunter l'amour ou l'amitié
amoureuse ou tout ce qu'on voudra,
Yourcenar n'avait certes rien à
apprendre, elle qui pouvait aussi aimer
passionnément dans un domaine imaginaire
où elle était ou voyait quelqu'un
d'autre. Mais on entre là dans un cadre
encore moins connu, on aborde une notion
sur laquelle quasiment tout le monde bute.
En tous cas au delà d'un certain âge. Très
peu d'adultes en effet se laissent habiter
par des personnages en leur donnant autant
d'importance qu'ils s'en donnent à eux-mêmes.
Cette magnifique façon d'appréhender le
monde de l'intérieur, à l'instinct, est
le propre des enfants. Si les adultes s'en
souvenaient, ils éviteraient de proférer
certaines stupidités : non, les Mémoires
d'Hadrien ne sont pas un autoportrait
déguisé comme il l'a souvent été prétendu.
Simplement Yourcenar "faisait"
ou "voyait" Hadrien ou Zénon.
Elle vécut bien plus que sa vie, qu'elle
ne négligea pas pour autant. Elle avait
assez d'intensité pour aimer des femmes
et des hommes (différemment ou non, peu
importe), des êtres côtoyés et des êtres
imaginés. Sans hiérarchie. S'il y a de
l'autoportrait dans les Mémoires
d'Hadrien, il se résume à cette
phrase : "Je
ne suis pas toujours à Tibur quand j'y
suis".
Marguerite
Yourcenar appelait "magie
sympathique" cette faculté
"à
se transporter en pensée à l'intérieur
de quelqu'un", ce qui amène bien
sûr à s'ouvrir à d'autres idées, à
vivre d'autres expériences : "Je
crois que je ne renonce jamais à un être
que j'ai connu, et assurément pas à mes
personnages. Je les vois, je les entends,
avec une netteté que je dirais
hallucinatoire si l'hallucination n'était
autre chose, une prise de possession
involontaire, ou même forcée, qui
s'entoure, à ce qu'il semble, d'une aura
de peur (...) Un personnage crée par nous
ne meurt plus, pas plus que ne meurent
dans ce sens nos amis morts.
Quand
on passe des heures et des heures avec une
créature imaginaire, ou ayant autrefois vécu,
ce n'est plus seulement intelligence qui
la conçoit, c'est l'émotion et
l'affection qui entrent en jeu. Il s'agit
d'une lente ascèse, on fait taire complètement
sa propre pensée; on écoute une voix :
qu'est-ce que cet individu a à me dire,
à m'apprendre ? Et quand on l'entend
bien, il ne nous quitte plus. Cette présence
est presque matérielle, il s'agit en
somme d'une "visitation". (...Ces
êtres)
sont autant d'avenues de plus par
lesquelles je pénètre la réalité. A
travers eux, j'ai vécu des vies parallèles
(...) Toute sympathie et toute compréhension
accordées aux êtres, qu'ils soient
d'hier ou d'aujourd'hui, qu'ils naissent
de notre esprit, qu'ils nous accompagnent
ou coupent notre chemin dans la vie,
multiplient nos chances de contact avec la
réalité (...) Pour le public, c'est un délire;
pour celui qui s'y adonne, c'est le comble
de la sagesse (...) c'est ce que les sages
hindous appelaient l'attention" (Les
yeux ouverts, entretiens avec Matthieu
Galey, le Livre de poche).
Spirituelle,
Yourcenar ? Nul
doute que cette attention,
cette propension à se mettre à la place
de l'autre en faisant abstraction de soi,
cette "magie sympathique", a joué
un rôle de première importance dans la
grande ouverture d'esprit de Yourcenar
face aux athéismes comme aux religions,
aux politiques comme aux philosophies.
Sans jamais la moindre trace de manichéisme,
elle jouait comme personne une dimension
de "relais"
à laquelle elle tenait par dessus tout.
Pour cela, elle triait pour nous dans
chaque discipline, chaque connaissance,
chaque croyance, et nous en redistribuait
le meilleur débarrassé du reste. C'est
ainsi qu'elle traduisit des poètes grecs,
des negro
spirituals, James ou Virginia Woolf.
Qu'elle fit vibrer pour nous La
Voix des choses, recueil de pensées
de toutes époques et provenances. Qu'elle
nous livra une biographie peu classique de
Mishima ou nous entraîna sur la tombe de
Federico Garcia Lorca. Qu'elle nous parla
aussi bien de l'abbé Lemire ou de Thomas
Merton que de Tagore ou Castaneda. On
dirait qu'elle savait ne percevoir que les
individus, et par dessus tout leur évolution
intérieure. D'où sa patience quand
personnes ou idées n'étaient encore qu'à
un stade débutant, son intérêt pour
tout, sa lucidité. Son goût des rites,
chargés de sens, sur lesquels Savigneau déchaîne
son mépris. Son goût du petit geste
comme du paysage grandiose, elle que l'on
aurait pu dire citoyenne du cosmos.
Exemplaire
et sans limites en toutes formes d'amour,
douée d'une extraordinaire faculté
d'imagination qui lui faisait embrasser et
comprendre ce que ses yeux ne pouvaient
lui montrer, on ne s'étonnera pas que son
souci d'un mieux être ne se limitait pas
aux seuls humains. L'imagination, cette
"magie sympathique" aide à
comprendre les arguments d'un
interlocuteur, elle aide aussi à
ressentir la souffrance de l'autre,
quelque soit cet autre. Certes, de son
temps (1903-1987), des expressions comme
"antispecisme" ou "libération
animale" n'existaient pas et son végétarisme
devait étonner bien davantage que de nos
jours. Mais elle n'avait nul besoin qu'une
idée soit théorisée ou vulgarisée pour
la vivre. Et n'a pas attendu que la vache
soit donnée comme folle pour s'émouvoir
de son sort : "Je
me dis souvent que si nous n'avions pas
accepté depuis des générations de voir
étouffer les animaux dans des wagons à
bestiaux, ou s'y briser les pattes comme
il arrive à tant de vaches ou de chevaux,
envoyés à l'abattoir dans des conditions
absolument inhumaines, personne, pas même
les soldats chargés de les convoyer,
n'aurait supporté les wagons plombés des
années 1940-1945. Si nous étions
capables d'entendre le hurlement des bêtes
prises à la trappe (toujours pour leurs
fourrures) et se rongeant les pattes pour
essayer d'échapper, nous ferions sans
doute plus attention à l'immense et dérisoire
détresse des prisonniers de droit commun
-dérisoire parce qu'elle va à l'encontre
du but, qui serait de les améliorer, de
les rééduquer, de faire d'eux des êtres
humains. Et sous les splendides couleurs
de l'automne, quand je vois sortir de sa
voiture, à la lisière d'un bois pour s'épargner
la peine de marcher, un individu
chaudement enveloppé dans un vêtement
imperméable, avec une "pint"
de whisky dans la poche du pantalon et une
carabine à lunette pour mieux épier les
animaux dont il rapportera le soir la dépouille
sanglante, attachée sur son capot, je me
dis que ce brave homme, peut-être bon
mari, bon père ou bon fils, se prépare
sans le savoir aux My Laï de l'avenir. En
tout cas, ce n'est plus un homo
sapiens" (Les Yeux ouverts, op
cit).
C'est
tout naturellement qu'elle se souciait de
"l'égalité
totale de tous les êtres humains sans
distinction de sexe et de couleur. Et
pourquoi pas égalité de tous les êtres
sans distinction d'espèce ?"
demandait-elle déjà en 1977 à une
correspondante (Lettres
à ses amis et quelques autres, Folio)
Dans une autre lettre datant de 1970 et
publiée dans le même ouvrage, elle déplorait
être taxée d'humanisme, cette "sorte
de chauvinisme de la condition
d'homme". Mais c'est déjà en
1957 que l'on pouvait relever dans un
courrier précédent : "On
ne dira jamais assez que l'exploitation
illimitée de l'animal par l'homme, le
libre exercice de sa brutalité, de son
sadisme ou (ce qui est peut-être pis
encore) de son épaisse indifférence à
l'égard de ces êtres engagés comme lui
dans l'aventure d'exister est une des
formes du mal; et c'est une forme
qu'aucune religion, aucune morale (du
moins dans notre Occident) n'a eu le
courage de dénoncer ni même de regarder
en face "(op cit). En 1957 !
Quarante-cinq ans plus tard, on ne regarde
toujours pas ce mal en face, mais tout
juste du coin de l'œil et en clignant
beaucoup.
Il
ne doit pas y avoir non plus davantage de
monde qu'alors pour comprendre en quoi
consiste la "visitation" ou
"l'attention" comme moyen d'appréhender
une réalité. Et bien peu exercent leurs
talents à humblement servir de
"relais". Bien peu savent aimer
jusqu'à l'exil, la maladie, la mort, par
delà l'épreuve et le temps, sans considération
de sexe, d'humanité, de réalité. Mais
fidèlement, jusqu'au bout. Tous ces
anticonformismes ne se paient pas de mots.
Ils se vivent. C'est sans doute pourquoi
ils sont toujours aussi peu répandus. "
Mme
Marguerite YOURCENAR, ayant été élue par l’Académie
française à la place laissée vacante par la mort de M.
Roger CAILLOIS, y est venue prendre séance le jeudi 22
janvier 1981 et a prononcé le discours suivant :
www.academie-francaise.fr/immortels/discours_reception/yourcenar.html
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