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Réflexion sur
l’homophobie
Source
www.cyberpresse.ca/article/
- par Louise Lemieux
-16/05/2007
Comment un enseignant
peut-il aider un jeune qui
fait son coming out ?
Comment un employeur peut-il
contrer l’homophobie dans
son entreprise ? Comment les
médecins devraient-elles
aborder leurs patientes
lesbiennes ?
Un colloque régional d’une
journée a lieu aujourd’hui
au Centre Lucien Borne, sur
le chemin Sainte-Foy, pour
répondre à toutes les
questions que le public se
pose concernant
l’homosexualité et
l’homophobie (aversion
contre l’homosexualité et
les homosexuels), et pour
souligner la journée
internationale contre
l’homophobie.
- « Nous nous adressons
cette année à la population
en général plutôt qu’aux
gais, lesbiennes et
transsexuels. Nous invitions
les gens à venir nous
rencontrer pour nous
comprendre », explique Yvan
Lapointe, porte-parole des
trois organismes
responsables de la journée :
la Coalition gaie et
lesbienne du Québec,
MIELS-Québec et GRIS-Québec.
Le colloque de Québec sera
suivi d’autres en région en
prévision de la conférence
mondiale de l’International
Lesbian and Gay Association
(ILGA) prévue en mai 2008 à
Québec et qui réunira plus
de 2000 personnes.
« On veut être
pratico-pratique. Donner des
trucs simples pour contrer
l’homophobie, à l’école, au
travail, dans les familles,
dans les activités sociales
», poursuit Yvan Lapointe.
Au menu du colloque
d’aujourd’hui, des
témoignages, des
questionnements, des
conférences. Michel Dorais,
par exemple, chercheur à
l’École de service social de
l’Université Laval,
discutera des méfaits de
l’homophobie. Me Marc-André
Dowd, vice-président de la
Commission des droits de la
personne présentera son
rapport « De l’égalité
juridique à l’égalité
sociale ».
En soirée, GRIS-Québec
présentera une séance de «
Gai et lesbienne 101 », sur
les croyances populaires
concernant l’orientation
sexuelle, les étapes du
coming out, etc.
Trop de gens se cachent
encore On estime que 10
% de la population est
homosexuelle, lesbienne ou
transsexuelle dans toutes
les sociétés. Dans une ville
comme Québec, 50 000
personnes ne seraient pas
hétérosexuelles. « Mais à
peine 4 % ont fait leur
coming out. Il y a donc
beaucoup de gens qui vivent
en parallèle. Notre
objectif, c’est que les 10 %
qui sont différents puissent
être bien dans leur peau
plutôt que de s’inventer une
autre vie. On ne veut pas
que l’homosexualité devienne
la norme. On veut seulement
qu’elle soit normale et
acceptée », conclut Yvan
Lapointe.
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L'association Le Réfuge
souhaite créer
une structure dans les Hauts-de-Seine
L’association Le Refuge cherche des bénévoles pour
le développement d’une structure d’accueil dans le
département des Hauts de Seine. Le Refuge agit
contre l’isolement, la rupture familiale et pour la
prévention du suicide et de la prostitution des
jeunes homosexuel(le)s.
Fondé en 2003 à Montpellier, Le Refuge est la seule
structure en France à assurer un hébergement
d’urgence et un suivi pluridisciplinaire (social,
médical, psychologique, médiation familiale) pour
des jeunes gays et lesbiennes rejetés par leur
famille.
Un chiffre marquant, les jeunes gays et lesbiennes
ont 13 fois plus de risque de mettre fin à leurs
jours que les hétérosexuels.
- CONTACT
: Jean-Pierre 06 62 24 24 06 |
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Etre
homosexuel aujourd'hui...
Les homos en panne de cause
- L'Express 26/06/2003
par
Marion Festraëts
Autrefois
fédérés par la lutte contre le sida et par le combat
pour le Pacs, les gays et lesbiennes font aujourd'hui face
à une société plus compréhensive...
Combattre l'homophobie et les discriminations:
depuis quelques années, les slogans de la Marche des
fiertés lesbienne, gaie, bi et trans - ex-Gay Pride (ce
28 juin à Paris) semblent bégayer. Au point que,
au-delà de l'indéniable aspect festif de cette
manifestation, on en vient à se demander si ce défilé a
encore un sens politique. En panne de proposition
nouvelle, de projet social fédérateur depuis le vote du
Pacs, en 1999, la cause homo semble aujourd'hui chercher
le souffle qui l'avait portée durant les «années
sida». Le consensus mou autour de la lutte contre
l'homophobie masque mal un déficit patent de
revendication forte. Au sein d'une société désormais
plutôt compréhensive et tolérante, les élucubrations
d'une Brigitte Bardot ou les dérapages d'une Françoise
de Panafieu... jettent le discrédit sur leurs
auteurs plus que sur leurs cibles: le député UMP Claude
Goasguen s'est empressé de préciser que les propos de
Françoise de Panafieu n'engageaient qu'elle. Les homos
doivent-ils faire le constat qu'ils ont peut-être, en
fait, obtenu l'essentiel?...
«Le Pacs nous a donné une respectabilité,
nous a sortis du cliché des gays festifs en officialisant
la légitimité des couples homos», estiment Ronan Rosec
et Laure Lagardère, à la tête de SOS-Homophobie,
association qui publie chaque année un rapport sur les
discriminations ou les insultes dont sont victimes les
homosexuels. Moins politisée qu'à ses débuts,
SOS-Homophobie réclame que les actes et propos
discriminants soient punis par la loi, à l'instar du
racisme, et qu'une information sur l'homosexualité soit
dispensée à partir du collège: «Il s'agit simplement
de rompre l'isolement des jeunes qui se posent des
questions sur leur orientation sexuelle et qui ne trouvent
aucune référence positive à l'homosexualité dans leur
environnement.»...
Pourtant, les mentalités ont progressé, au point
qu'aujourd'hui un personnage politique peut révéler son
homosexualité sans choquer personne, alors qu'une telle
démarche semblait inconcevable il y a dix ans. Selon
Louis-Georges Tin, qui a dirigé le tout récent
Dictionnaire de l'homophobie (PUF), la
discrimination des homos va bien au-delà de la simple
insulte lancée dans la rue: pour ce spécialiste des
études gaies et lesbiennes, qui parle également de
«gaiphobie», de «lesbophobie», de «biphobie» et de
«transphobie», «l'origine profonde de l'homophobie est
sans doute à rechercher dans l'hétérosexisme, qui est
ce règne de l'hétérosexualité obligatoire [...]. En
effet, ce régime tend à constituer l'hétérosexualité
comme la seule expérience sexuelle légitime, possible et
même pensable...»
Débattue en long et en large par les idéologues de la
communauté, la question des genres et des identités
sexuelles est aujourd'hui au cœur de tous leurs
différends. «Depuis le Pacs, on assiste à un immense
bavardage sur tout et rien. On devrait peut-être
commencer par se pencher sur notre histoire», commente
Jean Le Bitoux, chargé de piloter le futur Centre
d'archives et de documentation homosexuelles de Paris. Un
projet qui cristallise à nouveau les vieux antagonismes
entre lesbiennes radicales et gays un brin misogynes,
entre tenants du différencialisme et partisans du droit
à l'indifférence. L'historienne féministe Marie-Jo
Bonnet et Marie-Hélène Bourcier, théoricienne du
mouvement queer - qui
étudie et remet en question les genres et les identités
sexuelles - ont d'ailleurs lancé une pétition
dénonçant l'exclusion des lesbiennes du projet et la
«superficialité» de la réflexion en cours. Et les
homos de s'accuser mutuellement de discrimination...
Ces querelles de chapelle semblent très éloignées
des préoccupations quotidiennes des homos «de base». La
sociologue Françoise Gaspard souligne d'ailleurs «la
dissémination du militantisme au contact du terrain»:
«Les moins de 40 ans préfèrent se retrouver dans des
associations de convivialité, pour randonner, skier ou
parler portugais. On voit émerger de nouvelles formes de
revendication et de militantisme à travers une nuée
d'associations au sein des entreprises, des institutions
ou des administrations»: à La Poste, à la SNCF, dans
l'armée, dans la police, au sein d'HEC ou de Sciences po,
etc. «Nos jeunes internautes n'ont pas l'air de mal vivre
leur homosexualité, remarque William Pettex-Sorgue. Eux
qui n'ont pas vu mourir des dizaines d'amis, comme notre
génération, s'impliquent dans des activités de loisir
plutôt que dans les grands mouvements historiques.»
Plus que le droit à la différence, la majorité des
homos réclament aujourd'hui le droit à l'indifférence.
Et à l'égalité avec les couples hétéros: l'homoparentalité
les motive plus que les débats autour du
queer. Ils veulent pouvoir adopter en couple et
avoir accès à la procréation médicalement assistée.
Et lorgnent vers l'étranger: en 2002, la Suède
autorisait les couples du même sexe à adopter des
enfants, comme aux Pays-Bas et dans certains Etats
d'Amérique du Nord. En Grande-Bretagne, en Belgique et en
Espagne, les lesbiennes ont accès à l'insémination
artificielle - tandis qu'après la Belgique et les
Pays-Bas le Canada s'apprête à légaliser le mariage
entre homosexuels (voir l'encadré).
«Ces revendications obéissent à une sorte d'agenda
international, souligne Marie-Hélène Bourcier. Ce qui
est réclamé et obtenu aux Etats-Unis ou en Australie
sera réclamé et - vraisemblablement - obtenu en
France.» Si les homos y tiennent assez pour se mobiliser. |
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Mouvement
des homosexuel/les pour le changement
"L'homosexuel/le continue à déranger, à inquiéter, à
faire peur…
"Parce
qu'il est perçu comme un être libre, affranchi des
chaînes qui entravent le commun des mortels. Pas de
sacrement, pas de contrat, pas de communauté de biens,
pas d'enfants : aucun bagage social, le seul lien étant
le plaisir réciproque, lien dénouable à tout moment,
pacte révocable d'un jour à l'autre. Léger et gai,
l'homosexuel traverse la vie en se jouant : cette image
hante l'hétérosexuel chargé de progéniture et de valise
conjugales, "attelé au lourd chariot de la perpétuation
de l'espèce", selon la mémorable formule de Michel
Tournier dans les Météores. " La haine du chien
enchaîné à l'égard du loup libre et solitaire ",
voilà ce qu'éprouve l'homme accablé de responsabilités
familiales envers l'insolent qui le défie. Si insolent
qu'il a rejeté le vieux mot d'homosexuel, qui puait la
pharmacie et reflétait une sorte de condescendance
médicale de la part de la société dominante, pour
s'appeler tout simplement gai."
Actualité et forum.
http://membres.lycos.fr/mhchbv/page5.htm |
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L’Histoire
du mouvement homosexuel français (I)
émission
France Culture
du 12
Mai 2003 -
Documentaire d’Olivier Doubre et Christine Robert
I - De la clandestinité au Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire
A la sortie de la guerre 1939-45, l'homosexualité est considérée
comme un délit qui aggrave les peines d'outrage public à la
pudeur pour deux personnes du même sexe. Il faut attendre les
années 50 pour observer la création de la première
association homosexuelle. C'est après mai 68 qu'un véritable
mouvement de libération voit le jour, avec la naissance en 1971
du FHAR, le Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire
A la suite de la première partie de ce documentaire, un débat
avec Florence Tamagne, Didier Eribon et Louis-Georges
Tin.L’Histoire
du mouvement homosexuel français (I)
L’Histoire du mouvement homosexuel français Un
documentaire d’Olivier Doubre et Christine Robert I - De la
clandestinité au Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire A
la sortie de la guerre 1939-45, l'homosexualité est considérée
comme un délit qui aggrave les peines d'outrage public à la
pudeur pour deux personnes du même sexe. La clandestinité est
de mise puisque les gouvernements d'après-guerre ont conservé
une loi de Vichy qui poursuit les homosexuels (pourtant parmi
les populations déportées par l'Allemagne nazie). Dans les
grandes villes, certains lieux publics permettent cependant des
rencontres furtives, mais toujours dans la crainte de poursuites
ou de fichage par la police. Il faut attendre les années 50
pour observer la création de la première association
homosexuelle qui prend la forme d'un club littéraire avec une
revue, Arcadie, discrète et soucieuse de ne pas choquer
l'opinion. C'est après mai 68 qu'un véritable mouvement de libération
voit le jour. D'abord inspiré par la contestation des années
70, le Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire (F.H.A.R.) naît
en 1971 dans les rouages du MLF, les homosexuelles en étant à
l'origine, mais il périclite rapidement. Néanmoins, la parole
se libère avec force et le mouvement est irréversible.
Revendiquant l'abrogation des lois discriminatoires, celle-ci
est arrachée après l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1982.
L'homosexualité s'organise dès lors en mode de vie toléré et
admis, même si l'apparition du virus du sida marque profondément
cette minorité, touchée de plein fouet par l'épidémie au
cours des années 80… Avec les témoignages d’Hélène Hazéra,
Marie-Jo Bonnet, Françoise D'Eaubonne, Christine Delphy, Gisèle
Halimi, Guy Chevallier, Jacques Fortin, Louis Joinet, Jacques
Lemonnier, Didier Lestrade, Hervé Liffran, Robert Badinter. Et
les sons d'archives de l'INA avec André Baudry, Guy Hocquenghem,
Ménie Grégoire, Raymond Forni, Jean Foyer, Henri Caillavet…
Suite à ce documentaire, un débat avec Florence Tamagne,
Didier Eribon et Louis-Georges Tin.
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|

Première affiche (Gay Liberation)
|
L'histoire
du mouvement homosexuel français (II)
Emission du 19
Mai 2003 -
L'histoire du mouvement homosexuel
français
Un documentaire d’Olivier Doubre et Christine Robert
II - Du F.H.A.R. à la dépénalisation de l'homosexualité
A la sortie de la guerre 1939-45, l'homosexualité est considérée
comme un délit qui aggrave les peines d'outrage public à la
pudeur pour deux personnes du même sexe. La clandestinité est
de mise puisque les gouvernements d'après-guerre ont conservé
une loi de Vichy qui poursuit les homosexuels (pourtant parmi
les populations déportées par l'Allemagne nazie). Dans les
grandes villes, certains lieux publics permettent cependant des
rencontres furtives, mais toujours dans la crainte de poursuites
ou de fichage par la police.
Photographer:
Peter Hujar- Circa 1973
Source: Martin Duberman. Stonewall. New York: Dutton
1993. |
Il faut attendre les années 50 pour observer la création de la
première association homosexuelle qui prend la forme d'un club
littéraire avec une revue, Arcadie, discrète et soucieuse de
ne pas choquer l'opinion. C'est après mai 68 qu'un véritable
mouvement de libération voit le jour. D'abord inspiré par la
contestation des années 70, le Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire
(F.H.A.R.) naît en 1971 dans les rouages du MLF, les
homosexuelles en étant à l'origine, mais il périclite
rapidement.
Néanmoins, la parole se libére avec force et le mouvement est
irréversible. Revendiquant l'abrogation des lois
discriminatoires, celle-ci est arrachée après l'arrivée de la
gauche au pouvoir en 1982. L'homosexualité s'organise dès lors
en mode de vie toléré et admis, même si l'apparition du virus
du sida marque profondément cette minorité, touchée de plein
fouet par l'épidémie au cours des années 80…
Avec les témoignages d’Hélène Hazéra, Marie-Jo Bonnet,
Françoise D'Eaubonne, Christine Delphy, Gisèle Halimi, Guy
Chevallier, Jacques Fortin, Louis Joinet, Jacques Lemonnier,
Didier Lestrade, Hervé Liffran, Robert Badinter.
Et les sons d'archives de l'INA avec André Baudry, Guy
Hocquenghem, Ménie Grégoire, Raymond Forni, Jean Foyer, Henri
Caillavet…
Suite à ce documentaire, un débat avec Françoise Gaspard,
Christine Bard et Olivier de Bussher.
L'histoire
du mouvement homosexuel français (II)
L'histoire du mouvement homosexuel français Un documentaire
d’Olivier Doubre et Christine Robert II - Du F.H.A.R. à la dépénalisation
de l'homosexualité A la sortie de la guerre 1939-45,
l'homosexualité est considérée comme un délit qui aggrave
les peines d'outrage public à la pudeur pour deux personnes du
même sexe. La clandestinité est de mise puisque les
gouvernements d'après-guerre ont conservé une loi de Vichy qui
poursuit les homosexuels (pourtant parmi les populations déportées
par l'Allemagne nazie). Dans les grandes villes, certains lieux
publics permettent cependant des rencontres furtives, mais
toujours dans la crainte de poursuites ou de fichage par la
police. Il faut attendre les années 50 pour observer la création
de la première association homosexuelle qui prend la forme d'un
club littéraire avec une revue, Arcadie, discrète et soucieuse
de ne pas choquer l'opinion. C'est après mai 68 qu'un véritable
mouvement de libération voit le jour. D'abord inspiré par la
contestation des années 70, le Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire
(F.H.A.R.) naît en 1971 dans les rouages du MLF, les
homosexuelles en étant à l'origine, mais il périclite
rapidement. Néanmoins, la parole se libére avec force et le
mouvement est irréversible. Revendiquant l'abrogation des lois
discriminatoires, celle-ci est arrachée après l'arrivée de la
gauche au pouvoir en 1982. L'homosexualité s'organise dès lors
en mode de vie toléré et admis, même si l'apparition du virus
du sida marque profondément cette minorité, touchée de plein
fouet par l'épidémie au cours des années 80… Avec les témoignages
d’Hélène Hazéra, Marie-Jo Bonnet, Françoise D'Eaubonne,
Christine Delphy, Gisèle Halimi, Guy Chevallier, Jacques
Fortin, Louis Joinet, Jacques Lemonnier, Didier Lestrade, Hervé
Liffran, Robert Badinter. Et les sons d'archives de l'INA avec
André Baudry, Guy Hocquenghem, Ménie Grégoire, Raymond Forni,
Jean Foyer, Henri Caillavet… Suite à ce documentaire, un débat
avec Françoise Gaspard, Christine Bard et Olivier de Bussher.
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Tolérance
et répression
Dossier FUGUES
CA 10/04/2003
"Notre Histoire" Yves Lafontaine
Admises dans la Grèce antique où elles étaient considérées
comme un véritable rite initiatique, puis tolérées au début de
l'Empire romain, les pratiques homosexuelles ont été peu à peu réprimées
jusqu'à leur condamnation par les dirigeants religieux ou
politiques.
Un rite initiatique dans la Grèce antique
Les témoignages écrits ou iconographiques qui ont survécu au
temps attestent que l'homosexualité était répandue dans les sociétés
archaïques ou antiques. Dans la Grèce antique, elle concerne
surtout l'élite. Les homosexuels sont en fait des bisexuels et
l'amour avec une personne du même sexe n'est jugé répréhensible
que dans le cas où le partenaire est issu d'une classe inférieure,
s'il s'agit d'un esclave, par exemple.
Les pratiques homosexuelles apparaissent également comme des rites
initiatiques participant d'un lien entre maître et disciple. Quatre
siècles avant J.-C., l'historien Éphore, de même que Strabon cinq
siècles plus tard, évoque des mythes selon lesquels des hommes
viennent enlever des garçons à leur famille et les emmènent dans
les forêts où ils les gardent pour en faire des hommes.
L'apprentissage dure deux mois au cours desquels il y a initiation
sexuelles (pénétration anale). Les familles feignent de résister
mais acceptent, car c'est un honneur de voir choisi un de leurs
fils. La famille à laquelle aucune avance de la sorte n'a été
faite se couvre de honte.
Mais attention : dans la société grecque, on peut être
bisexuel mais pas "folle"! On se moque volontiers des
homosexuels efféminés qu'on appelle vulgairement les
"culs-larges". Quant à l'homosexualité féminine, les témoignages
de cette époque y font peu allusion, à l'exception de quelques références
aux mœurs de certaines courtisanes et des poèmes de Sappho, vers
le VIe siècle av. J.-C. On parle d'ailleurs toujours de saphisme
pour désigner l'homosexualité féminine, ou de lesbianisme, mot
qui vient de Lesbos, île où est née la poétesse.
Les contradictions romaines
Dans la Rome antique aussi, il existe une homosexualité qui
s’apparente en fait à la bisexualité. L'élite romaine est mariée.
Le rôle de la femme est de tenir la maison et d'élever les
enfants, les courtisanes et les hommes étant réservés pour
l'amusement. "M'ayant surpris, femme, dans un garçon, tu me
grondes d'une grosse voix et tu me dis que toi aussi tu as un derrière",
écrit le poète satirique Martial. Si l'homosexualité masculine
est admise quand elle est pratiquée avec des esclaves, le
lesbianisme est au contraire très mal accepté. Pour le Romain, le
plaisir entre femmes est une atteinte directe au pouvoir masculin.
Au cœur même du pouvoir, l'homosexualité est de mise. Ainsi,
l'empereur Néron se marie en grande pompe avec son esclave castré
Sporus et tout son entourage suit son exemple. Cependant, quelques
voix s'élèvent pour fustiger ses pratiques sexuelles. Ainsi, le
philosophe Cicéron condamne l'homosexualité, s'emportant contre
les gymnases grecs d'où, selon lui, elle est issue. "Le
service sexuel est un délit pour l'homme libre, une nécessité
pour l'esclave et un devoir pour l'affranchi", répond un
avocat à Sénèque qui réprouve également l'inversion.
Au fil des siècles, les lois romaines vont peu à peu faire de
l'homosexualité un délit. Ainsi, la Lex scatina de 226 punit
d'une amende l'amour entre deux hommes libres. En 342, sous le règne
des empereurs Constant Ier et Constant II, les homosexuels
"passifs" sont punis du bûcher. En 390, l'empereur Théodose
rejette officiellement l'homosexualité, une "infamie qui
condamne le corps viril, transformé en corps féminin, à subir les
pratiques réservées à l'autre sexe".
Au VIe siècle, les lois se font plus sévères encore. À la
suite des guerres, des catastrophes naturelles et des épidémies,
la population décroît de manière alarmante. L'espérance de
vie est alors de 25 ans. Un quart de la population seulement dépasse
50 ans. Les spécialistes estiment alors que, pour renverser la
tendance, une femme doit avoir cinq enfants. Dans ce contexte,
l'homosexualité devient une menace pour la société tout entière,
car c'est tout le peuplement de l'Empire qui peut en pâtir. En 553,
l'empereur byzantin Justinien punit tout acte homosexuel de bûcher
et de castration. Avec l'avènement du christianisme, qui réprouve
cette sexualité n'ayant pas la procréation pour but, les lois vont
encore se durcir.
Une tolérance graduelle
À partir de ce moment, les pratiques homosexuelles sont considérées
comme un péché, une perversion qu'il faut condamner. Les périodes
de tolérance se succèdent au fil des siècles, mais les lois
veillent toujours. Ainsi, sous l'Inquisition, les personnes
coupables d'inversion sont considérées comme hérétiques et
finissent souvent sur le bûcher.
En 1869, un médecin hongrois * invente le mot
"homosexuel". L’attirance pour des personnes de son
propre sexe est désormais considérée sous un aspect
"identitaire" (au début, il s'agit d'une identité considérée
comme déviante ou anormale) plutôt que comportemental. Désormais,
on considère l'homosexualité comme une maladie plutôt qu’un
crime, maladie que l'on essaye de "soigner" par des
traitements radicaux tels que les chocs électriques, la lobotomie
ou même la castration. Tandis que les médecins tentent d'expliquer
cette forme de sexualité en isolant une cause biologique (certains
examine le système hormonal, la forme du cerveau, la longueur des
doigts et plus récemment les gènes), la psychanalyse se penche sur
le vécu des homosexuels, pour esquisser des schémas familiaux (père
absent, mère castratrice) susceptibles d’être responsables de
cette "perversion".
Jusqu'en 1983, l'homosexualité était répertoriée par
l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) parmi les maladies
mentales.
Le banquet de Platon
Le Banquet de Platon, dialogue philosophique qui a pour thème
l'amour, permet de mieux comprendre les mœurs bisexuelles d'usage
à Athènes. On y retrouve, à travers une pédérastie idéalisée
par l'élite intellectuelle de la Cité, l'idée du rite initiatique
développée notamment par l'un des protagonistes, Pausanias. Ce
dernier décrit deux types d'amour : il y a le vulgaire, inspiré
par Aphrodite, qui consiste à aimer davantage les corps que les âmes,
et l'amour céleste inspiré par Aphrodite-Uranie (déesse de la
Science, de la Sagesse et de l'Amour idéal) à des hommes distingués
qui se dévouent pour le bien-être et l'éducation des jeunes garçons.
Dans l'un des passages les plus célèbres du Banquet, le philosophe
Aristophane évoque sa thèse des moitiés. Avant que les dieux ne décident
de les couper en deux dans un accès de colère, les êtres humains
étaient doubles. Il existait des doubles homme-homme, femme-femme
et homme-femme. Le destin de chaque humain est donc de passer sa vie
à la recherche de sa moitié manquante… quel qu'en soit le sexe.
Sodome et Gomorrhe
Sodome et Gomorrhe étaient deux villes cananéennes qui furent détruites
par un séisme au XIXe siècle av. J.-C. Selon la Bible, toutes les
licences sexuelles étaient permises au sein de ces cités où l'on
n'hésitait pas à s'adonner à la sodomie et à la zoophilie. Ayant
sombré dans la débauche, ses habitants provoquèrent la colère
divine et furent ensevelis sous la lave. Au Moyen âge, le mot
"sodomie" évoque non seulement la pénétration anale
mais aussi la zoophilie. Aujourd'hui, l'expression reste utilisée
pour qualifier surtout l'homosexualité masculine. |
* C'est le 6 mai 1868 que
les mots "homosexualité" et "hétérosexualité"
apparaissent pour la première fois par écrit en allemand, dans une
lettre que le docteur hongrois Károly Mária Kertbeny (1824-1882),
psychiatre et sexologue hongrois établi à Vienne, adresse au juriste
Karl Heinrich Ulrichs. En 1869, dans une lettre ouverte au ministre
prussien de la justice qui fait l'apologie d'une dépénalisation de
l'homosexualité, Kertbeny utilise le terme de manière publique pour la
première fois. Vocable formé des mots grec "homo" (même) et
latin "sexus" (sexe), ce néologisme à la consonance si
clinique va changer beaucoup de choses dans l'approche du phénomène. Il
faudra attendre le début du XXe siècle pour que le terme s'impose et
supplante ses concurrents "uranisme", "inversion",
"ou sentiment sexuel contraire". "L'homosexualité"
traduit un nouveau regard et une nouvelle attitude mentale par rapport à
la question. Certes, l'acte relève toujours de la débauche, du péché
ou de la déviance dans les esprits, mais il est considéré à partir de
ce moment aussi comme une maladie. Les termes "homosexualité"
et "hétérosexualité" n'entreront dans la langue française
qu'en 1891.
Lambda
Education CH Quizz
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retour
Le
bon docteur Hirschfeld
En
1897, le Dr Magnus Hirschfeld (apparaît aux côtés de Conrad Veidt
dans le film Différent des autres, de Richard Oswald (1919), qu'Arte a
diffusé jeudi 10 février.), sexologue, fonde le Comité Scientifique
et Humanitaire pour s'opposer à l'article 175 du Code pénal allemand qui
réprime l'homosexualité - un article qui n'est d'ailleurs abrogé
intégralement qu'en 1994. Après la Première Guerre Mondiale, Berlin
devient le haut lieu des amours homosexuelles.
Mais après l'assassinat de Röhm, chef des SA et homosexuel notoire, la répression
des nazis s'abat sur la communauté " rose ". Plus
de 50 000 procès ont lieu et 15 000 homosexuels meurent dans les camps de
concentration. L'Allemagne du miracle économique continue de
poursuivre les homosexuels : 50 000 nouveaux procès ont lieu jusqu'en
1969. Après un assouplissement de l'article 175 et quelques années de répit,
un nouveau malheur frappe les milieux homosexuels : le sida.
Dans
d'autres parties du monde, les homosexuels subissent une répression féroce
: condamnations à mort en Arabie Saoudite et en Iran, exécutions de
travestis par les " escadrons de la mort " au Brésil,
etc. Aussi, beaucoup ont les yeux tournés vers San Francisco. Là-bas,
gays et lesbiennes constituent des groupes de pression importants
qui revendiquent, entre autres, le droit de fonder une famille. Tandis
que les transsexuels tentent de redéfinir la répartition des rôles
entre le féminin et le masculin, les communautés homosexuelles se
mobilisent un peu partout pour faire accepter leur droit à la différence.
Le mouvement queer entend rassembler tous ceux qui veulent
vivre et aimer autrement. (Gay
Kitsh Camp)
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